
Très en retard au plan des infrastructures sportives, par le biais de la CAN, la Guinée va résorber son retard dans ce domaine. Très contraignante au plan financier, cette manifestation sportive permettra au pays d’engranger les avantages suivants :
- L’amélioration des télécommunications et conséquemment la retransmission par le signal satellite ;
- Le pays sera doté d’infrastructures sportives performantes, qui après la compétition favoriseront la vulgarisation de la pratique sportive ;
- L’accroissement de la capacité d’accueil des réceptifs hôteliers, qui seront ainsi renforcés. Par ce biais, le secteur du tourisme ne fera que bénéficier des retombées de cette compétition.
- Une telle compétition suscitera automatiquement l’ouverture de nombreux chantiers, et favorisera la création d’emplois directs et indirects, avec pour conséquence la réduction substantielle du taux de chômage ;
- C’est enfin et surtout le crédit et l’image de marque dont la Guinée bénéficiera, qui seront renforcés, étant entendu que sur le plan international, à ce jour le sport est le meilleur véhicule de l’image d’un pays, grâce à la couverture médiatique des manifestations sportives.
- La redynamisation de la desserte en électricité, de la capacité des structures sanitaires et le système de transport urbain et inter urbain, etc.
La République de Guinée a un glorieux passé sportif. Dans les années soixante-dix, un de ses clubs de football, le Hafia Football Club a réalisé le premier triplé continental en remportant définitivement en décembre 1977, la coupe des clubs champions d’Afrique. En 1970, l’équipe nationale de volley-ball a participé aux phases finales de la coupe du monde. Les boxeurs et autres sportifs s’illustrèrent aussi dans diverses compétitions continentales et mondiales.
Aujourd’hui, malgré un formidable potentiel, le pays vit de souvenirs et n’arrive plus à renouer avec les performances d’antan. Pire, après plus de cinquante ans d’indépendance, la situation des infrastructures sportives n’est guère reluisante. Le pays ne dispose à ce jour que d’un seul complexe sportif, le stade omnisport du 28 septembre de Conakry, d’une capacité de 25.000 places assises, construit par le biais de la coopération soviétique dans les années 60. Grâce à un don de la Chine, au mois de mai 2015, la Guinée va avoir un grand stade de cinquante mille places dans la banlieue de Conakry.
A la suite de l’attribution de la CAN 2023 à la Guinée, le problème est de souhaiter que les autorités de ce pays mettent tout en œuvre pour relever ce challenge. Auront –elles la capacité de mobiliser tout le pays pour la réussite de ce projet sportif ? C’est la question que les observateurs se posent.
Thierno Saïdou Diakité




















