
La détermination et l’envie folle de gagner avaient permis aux Etalons de sortir les Blacks Stars du Ghana en demi-finale. Mais hier, bien qu’ils aient récupéré Jonathan Pitroipa, les poulains de Paul Put n’auront pas réussi à faire trembler les filets du Nigéria. Ce n’est pourtant pas parce que les Supers Eagles aient particulièrement dominé la rencontre. Ils se sont juste contentés de concrétiser l’unique véritable occasion qu’ils se sont créée. Pour le reste, ils ont assuré le minimum en gérant ce score.
Cette approche n’enlève en rien cependant au mérite de l’équipe de Stephen Keshi. Déjà absente à la dernière CAN, l’équipe n’était pas particulièrement attendue à ce niveau de la compétition. D’autant plus qu’elle était majoritairement composée de jeunes joueurs, en apparence, inexpérimentés. Mais le résultat auquel est arrivé Stephen et son équipe prouve que la reconstruction est plutôt réussie.
Du côté burkinabé, il est bien compréhensible que les supporters soient déçus et pleins d’amertume. Le fait que les gens aient souhaité que cette première soit couronnée du plan grand succès était des plus légitimes. Mais là aussi, ils peuvent se consoler et applaudir les Etalons. Car leur cheminement dans cette 29ème est tout simplement historique. Elle aura vaincu le signe indien et contraint le monde entier à porter un autre regard sur le foot dans le pays des hommes intègres.
Pour ce qui est de la compétition dans son ensemble, on retiendra la déception de la part des Eléphants ivoiriens, l’éternelle favorite qui revient toujours bredouille. Cette année, la déception est d’autant plus grande que les Eléphants n’ont pas réussi à passer le cap des quarts de finale. Le mythe Drogba et de la dream team est sur le point de tomber. Les Ivoiriens devraient peut-être s’inspirer de l’expérience nigériane, afin de repartir avec une autre équipe. Les Zambiens, eux aussi ont déçu dans cette CAN. Ou plutôt ils ont conforté ceux qui avaient vu dans leur sacre de l’an dernier une sorte "d’accident de parcours".
Par contre, les Requins bleus du Cap-Vert ont fait forte impression, tandis que les Magrhebins (Agérie, Tunisie, Maroc) dans leur ensemble, ont déçu. Pour leur première CAN, les joueurs de ce petit pays insulaire auront en effet réussi à faire partie du gottha des huit meilleures formations du continent. Les Ethiopiens, eux, ne sont pas allés jusque-là. Mais après plus de trente d’absence, ils sont apparus décomplexés et enthousiastes. Ce qui est un motif d’espoir pour les années futures. La prestation des Aigles maliens quant à elle, mérite félicitation en raison du climat politique qui prévaut actuellement au pays. Autrement, entre la 28ème et la 29èmeédition, l’équipe a plutôt stagné.
Sur plan organisationnel, les autorités sud-africaines ont assuré. Les installations sportives, hôtelières, de communication et de transport étaient globalement au niveau des standards internationaux. Par contre, l’éternelle question des stades vides n’a pas été résolue. De même l’arbitrage, à l’image du Tunisien Slim Jedidi, n’a pas été exempt de tout reproche.
Enfin disons que cette CAN 2013 aura été celle de la CEDEAO dont 7 des 8 équipes des quarts de finale étaient originaires. Et merci à Stephen pour cette magnifique réhabilitation des entraîneurs locaux africains!
Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info




















