CAMILLE LEPAGE : Morte pour la Centrafrique

La mort de Camille Lepage, la sémillante journaliste française, troisième reporter tuée en Centrafrique, est venue de manière dramatique reposer la question fondamentale des risques professionnels encourus par les journalistes en zones de conflits. Le devoir de témoignage, en effet, conduit souvent les journalistes à pénétrer dans les zones les plus dangereuses, pour rapporter les images et les sons des combats et des combattants engagés dans des situations, où les populations sont toujours les premières victimes.

Certes, la présidente centrafricaine, Catherine Samba-Panza, en condamnant  et traitant de "crime odieux et crapuleux" l’assassinat de notre consoeur, a promis aussi que les autorités feraient tout pour que lumière soit faite sur cette dramatique disparition ; mais ces paroles ont l’air « du déjà entendu » et sont après tout porteuses de frustrations et de terrible amertume. 

Au-delà de l’hommage unanime qui a été rendu au courage de la jeune journaliste française, il est regrettable de constater qu’elle n’est hélas qu’une des nombreuses victimes de la bêtise des miliciens Balaka et anti-Séléka, engagés dans des affrontements fratricides interminables pour le pouvoir. Aux noms faussement de l'Islam et du Christ et qui cachent mal leurs ambitions personnelles.

Ce que confirme le ministre de l'Administration du territoire, Aristide Sokambi, quand il dit que cette mort « est un coup dur qui est porté à la transition, par ceux qui ne veulent absolument pas que la paix revienne dans ce pays, ceux qui continuent de tirer les ficelles des violences". 

Les Centrafricains ont tout intérêt à se ressaisir et à éviter à leur pays cette inexorable descente vers la déchéance. 

Cette mort tragique plonge la presse entière dans le deuil, par la faute de  ces guerres civiles qui ruinent l’Afrique, retardent le continent et privent l’humanité de talents motivés et altruistes comme Camille Lepage. 

Enfin, une cérémonie de recueillement a été organisée hier à Bangui dans une chapelle ardente, à la base de l'armée française, juste avant le rapatriement du corps sur la France. 

Maria de Babia pour GuineeConakry.info  

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