BURUNDI : Une investiture à la dérobée

Vite faite. Rapidement expédiée, la prestation de serment du nouveau ‘’réélu ! Enfin, le président Pierre NKurunziza voulait vraiment se débarrasser de cette incontournable formalité politique, de cette indispensable investiture pour solenniser son pouvoir issu d’élections controversées, et engager un troisième mandat contesté par un grand nombre de ses concitoyens et par la communauté internationale.

Les médias ne pas dans le secret, les diplomates sont presque ignorés, les populations pratiquement éloignées ou ‘’sélectionnées’’, les maîtres de Bujumbura ne voulaient point prendre le risque de se faire piéger, chahuter ou …tuer ! Alors, pour réussir leur coup, la panacée était toute trouvée : l’effet de surprise.

Question de sécurité

Ainsi, tant pis pour l’Union africaine qui a boudé la partie. Pas de problème, si l’Union européenne et les USA n’étaient pas là non plus au niveau diplomatique souhaité… Bienvenue aux ambassadeurs de Chine, de Russie et d’Afrique du Sud… Si aucun chef d’Etat n’a fait le déplacement, on comprend ici. Ils n’avaient pas le temps, ils ont été avertis en retard. Ils se rattraperont plus tard.

La cérémonie était annoncée pour le 26 août prochain, elle se fera avant, mais personne ne devra savoir quand, jusqu’aux dernières heures. Question de sécurité, après tous les récents assassinats non encore revendiqués, Pierre Nkurunziza et ses acolytes se voulaient plus que prudents. Stratagème réussi en partie, mais c’est à présent que les choses sérieuses vont commencer.

L’effet de la surprise

Comment exercer ce ‘’troisième mandat’’ dans l’hostilité ambiante, dans les fractures politico-sociales actuelles et la désapprobation internationale accentuée par l’entêtement du président burundais. Pierre Nkurunziza qui, contre toutes les velléités contestataires a raidi son attitude politique, renvoyant ‘’paitre’’ dans les prairies de Bujumbura rural, tous ceux qui ne pensent pas du bien de sa décision de tordre le cou à la constitution, pour garder pour cinq autres années cette présidence si contestable.

En tout cas, vêtu d’un costume bleu, d’une chemise blanche et une cravate rouge, dans le pur style de Barack Obama, Pierre Nkuruziza, sourire en coin, semblait goûter l’effet de la ‘’surprise’’ qu’il réservait aux uns et autres, avec comme point nodal, cette annonce d’un prochain gouvernement d’union nationale auquel croient peu de Burundais.

Maria de BABIA pour GuineeConakry.Info   

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