
Entre les fiefs dits de l’opposition et ceux du pouvoir, le déséquilibre était évident. Les premiers fuient les bureaux, se cachent du scrutin et tremblent dans leurs chaumières en ces temps de violences tous azimuts ; les seconds jubilent quasi surs de leur victoire, mais un pouvoir sur des cadavres, ça sent forcément mauvais !
Motus et bouche cousue
Quand les uns étaient à la mi-journée à un taux de participation de 5%, les autres atteignaient déjà les 50% ! Tandis que les électeurs boudaient les urnes dans la capitale, quasi conquise par l’opposition, dans le Burundi profond, plusieurs villes affichaient leur préférence pour le président sortant.
Mais ici et là, c’est motus et bouche cousue, comme si des consignes précises avaient été données, pour éviter tout commentaire qui pourrait se retourner contre son auteur. Alors, après le geste civique, chacun rejoint aussitôt le domicile, sans autre aventure. Les temps sont durs et les tensions sont perceptibles en permanence, après ces deux mois d’ébullition sociale.
Des dégâts en vue
De Bujumbura central à Bujumbura rural, de Cibotoke à Musaga ou encore à Bururi ou ailleurs, partout l’inquiétude est grande. De quoi demain sera fait, quand on que Pierre Nkurunziza, tous vents debout, affronte la communauté internationale dont les menace ne l’ont point dissuadé d’organiser ce qu’elle considère comme une mascarade démocratique.
A quoi finalement vont servir ces élections, sinon qu’à légitimer d’une manière toute relative, un régime aux abois, droit dans ses bottes, un président armé mais isolé, dont l’aveuglement et l’entêtement politiques feront encore des dégâts.
Maria de BABIA pour GCI
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