
Ce voyage sur la Tanzanie, tandis que le pays brûle, était l’aubaine offerte à l’ex- général Godefroid Niyombare, ex-chef du service des renseignements, pour passer à l’action, en destituant sur les antennes de la radio nationale, le président en exercice qui voulait briguer un troisième mandat contesté par les populations, par ce que anticonstitutionnel.
Pour empêcher le président Pierre Nkurunziza d’opérer un atterrissage force en provenance de Dar-es-Salam, le malin général Niyombare a invité les « tous les citoyens et forces de l'ordre de descendre à l'aéroport pour le sécuriser ». Ce qui signifie par ailleurs que la situation n’est pas encore totalement sous contrôle. Les négociations sont toujours en cours entre les putchistes et les loyalistes, mais personne ne sait vraiment ce qui adviendra. Comme dit Niyombare lui-même ‘’ça dépendra…’’. Qui a la situation en mains ?
Les Burundais n’ont pas attendu ce denouement de cette tentative de coup. Ils sont descendus par milliers dans la rue à l’annonce du coup, pour crier leur joie et scander des slogans en faveur de la paix de la démocratie et contre la troisième candidature du president Nkurunziza. Celui dont personne ne connait vraiment la réalite de la situation. Peu d’observateurs croient en abandon du pouvoir par ce boulimique de la gloire, de la splendeur. Ce que tout le monde redoute ce sont des actions déstabilisatrices des milices du parti présidentiel sous couvert de ces fameux jeunes ‘’ Imbonerakure’’, ces inconditionnels du CNDD-FDD.
Le Burundi vit donc dans une espèce de cafouillage inquiétant où tout est possible. Le meilleur comme le pire. L’on craint surtout que certains désespérés du parti au pouvoir ne réveillent les vieux démons des contradictions ethniques, pendant jusque-là, les manifestations mobilisaient Tutsis, Hutus et Twa, au nom de la lutte pour la liberté et le respect des principes constitutionnels. Malgré la vingtaine de victimes depuis le 26 avril dernier.
La confusion ambiante que l’on vit en direct est pareille à une symphonie inachevée qui ressemble sans le vouloir a la révolution burkinabé, son équation à plusieurs inconnues invite les observateurs à la prudence et les populations à la vigilance.
Maria de BABIA pour GCI
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