BURUNDI : Manifestants et contre-manifestants

Depuis le début de la contestation populaire, les Imbonerakure, les jeunes militants du parti au pouvoir, sont identifiés par la communauté internationale comme les trublions d’une situation politique difficile, et qu’ils contribuent à complexifier par leurs agissements récurrents. Ils viennent de confirmer leur attitude négative, en débarquant, sans préavis, dans les quartiers favorables à l’opposition, avec pour objectif de les « corriger », comme disent certains d’entre eux.

Munis de solides et gros bâtons et de cravaches élastiques ou en peaux de vache, les Imbonerakure sont venus vraiment tancer les ‘’rebelles’’. En toute complicité avec les forces de l’ordre, ils ont pu agir en toute impunité dans les quartiers de Bujumbura, particulièrement à Kinama. S’attaquant aux biens et aux personnes, ils ont sévi. Ils ont cassé des maisons et chicoté plusieurs citoyens qu’ils soupçonnaient d’être opposés à la troisième candidature de ‘’leur président Pierre Nkurunziza’’.

Dans leur furie destructrice, les Imbonerakure ont pénétré dans des résidences privées et blessé certains opposants ou, considérés comme tels par eux. Ce déchainement hystérique s’explique surtout par leur volonté de réduire au silence, toute contestation, tout contestataire ! Mais depuis un mois que durent les  manifestations populaires, malgré les gaz lacrymogènes, les tirs à balles réelles, les tortures et les tueries, les vagues protestataires sont incessantes. Continuelles. Même le saccage des radios privées n’a pas mis fin aux revendications démocratiques.

Face à l’entêtement politique du pouvoir, les opposants font front avec une rare détermination. Ils sont même prêts au sacrifice suprême, convaincus qu’ils sont de la justesse et de la noblesse de leur combat. Partant ce ne sont certainement pas ces intimidations physiques des Imbonerakure qui les dissuaderont de leur résolution à en finir avec le régime de Nkurunziza.

Le régime burundais malgré la réprobation internationale, la Belgique en tête, malgré le silence gêné et les efforts solidaires des pays voisins, malgré l’accroissement du nombre des réfugiés; le régime a décidé de braver le monde, pour se faire élire pour la troisième fois, sans considération aucune pour les innombrables rappels à l’ordre.

En tous les cas, avec ce nouveau développement, tout porte à croire que Nkurunziza souhaite une guerre civile qui installerait un chaos qu’il pense lui être favorable. Et c’est là qu’il se trompe lourdement.

Maria de BABIA pour GuineeConakry.Info  

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