
Au final, le président Pierre Nkurunziza offre une espèce de melting pot, avec une arithmétique politique et ethnique dont lui seul a le secret. Un gouvernement de combat de 20 membres, issus de ses amitiés consolidées avec la reconduction de 6 anciens ministres, de ses alliances nouvelles avec les entrées des hommes d'Agathon Rwasa-Amizero; et en ces temps d’instabilité marquée, le retour en force du grand policier, Alain Guillaume Bunyoni, au poste de secrétaire permanent du Conseil national de sécurité, un ‘’caïd’’ comme pour assurer ses arrières. A la recherche des équilibres ethniques inscrits dans la constitution comprend 8 Tutsi et 12 Hutu. 14 ministres sont nouveaux et 6 ont été reconduits.
Ce gouvernement montre bien ses muscles par cette forte présence de policiers et de généraux qui ont pour noms entre autres : M. Bunyoni à la sécurité publique et le général Evariste Ndayishimiye, ministre de l’intérieur. Notons aussi que le président Nkurunziza a fait un geste de ‘’reconnaissance’’, en nommant Mme Aimée Laurentine Kanyana, la juge qui avait validé sa candidature, au poste de ministre de la Justice et Garde des Sceaux.
Le défi du président burundais de gouverner contre vents et marées, malgré la contestation d’une bonne partie de ses concitoyens, malgré les dénonciations constantes de la communauté internationale, sera-t-il relevé par M. Martin Nivyabandi, le ministre des Droits de la Personne Humaine, des Affaires Sociales et du Genre, qui devra prouver que le pays a changé de paradigme, en s’engageant fermement sur la voie du respect constant des droits humains.
Ce gouvernement a du pain sur la planche, mais aura-t-il le temps de faire monter sa farine ?
Maria de BABIA pour GCI
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