
Le vice-président Nimpagaritse reconnait honnêtement que la pression sur sa personne était telle qu’il n’avait point d’autre choix, s’il voulait rester en accord avec sa conscience. Des démagogues flanqués dans la grande institution, des inconditionnels du pouvoir et d’autres thuriféraires zélés le ‘’conseillaient’’, le stressaient, le terrorisaient sous toutes les formes, pour le contraindre à voter en faveur de la fameuse troisième candidature. En fait de légaliser le fait a accomplir…
Il avait résisté autant qu’il pouvait, mais sa vie aussi était menacée. Pour éviter le pire et violer les Accords d’Arusha, il s’est enfui, pour ne pas être sacrifié sur l’autel des ambitions présidentielles et renier ses convictions personnelles.
Il en faut certainement plus pour ébranler le pouvoir de Nkurunziza. Celui dont l’armée affronte les jeunes dans les rues de Bujumbura, avec une incroyable détermination, n’hésitant même à abattre ceux qui veulent entraver sa volonté de garder les rênes du pays.
Les membres du collectif contre le troisième mandat et l’opposition politique sont donc engagés dans un rapport de forces sans pitié, où chaque camp utilise l’ensemble de ses capacités de mobilisation sociale et d’intimidation politique. Les autorités ont les armes de leur côté, mais les jeunes et les populations désabusés ont choisi d’occuper la rue pour paralyser le pays afin d’obtenir la mise hors-jeu des velléités dictatoriales du chef de l’Etat.
La fuite du vice-président Nimpagaritse intervient donc dans un contexte politique extrêmement tendu, et fait tomber les masques de l’hypocrisie devant une opinion publique incrédule et révoltée. Ce départ va jeter de l’huile sur le feu de la vérité et éclairer la communauté internationale aussi sur le jeu pervers et morbide de Pierre Nkurunziza.
Maria de BABIA pour
2015-GuineeConakry.Info




















