
Il n’était pas loin de l’hôpital Roi-Khaled, lorsque deux roquettes se sont abattues sur le véhicule du général Nshimirimana, puis une pluie de balles en rafale provenant possiblement d’armes automatiques. La violence et la convergence des attaques n’ont laissé aucune chance au grand officier.
La réprobation générale
La perte est immense pour le président Pierre Nkurunziza qui perd en lui un de ses soutiens les plus importants. Celui qui depuis les combats de maquisards avait conquis sa totale confiance ; celui qui avait la force de pénétration des secrets du pays pour en avoir dirigé les services secrets ; celui enfin qui avait fait échouer la tentative de putsch du général Niyombaré en mai dernier, était tout simplement devenu le deuxième homme fort du pays. Sa disparition aura incontestablement des conséquences sociopolitiques sur la suite de l’évolution politique du Burundi.
C’est la réprobation générale provoquée par cette mort, pourrait plus rapidement que prévu, ramener tous les acteurs politiques autour de la table des négociations, pour donner une chance au dialogue, afin d’éviter que le pays ne sombre dans l’abime des tensions ethniques, ces démons d’un passé récent. C’est pourquoi l’'Union africaine par la voix de Jacob Enoh Eben, le porte-parole de la présidente de la Commission de l'Union africaine Nkosazana Dlamini-Zuma « lance un appel aux Burundais pour qu’ils fassent preuve de la plus grande retenue, qu’ils ne cèdent pas à ce qui pourrait être perçu comme une provocation et s’abstiennent de toute mesure de représailles qui déstabiliserait encore davantage le pays »
Aucun intérêt à brûler le pays
De son côté, l’ex-facilitateur de l'ONU au Burundi, Abdoulaye Bathily, actuel représentant spécial du secrétaire général de l'ONU pour l'Afrique Centrale précise : « Cet événement ne doit pas être l’occasion d’aller encore vers un nouvel épisode dans la fuite en avant. Il n’y a pas d’autre solution. Les élections n’ont pas réglé la crise du Burundi, les élections l’ont même approfondie. Donc il faut que les Burundais se mettent autour de la table, se parlent et trouvent une solution à la crise.»
L’Ouganda qui est le parrain du dialogue inter-burundais est appelé au secours pour aider le pays à renouer les fils ténus du dialogue au lendemain de cette mort inattendu, qui vient replonger les Burundais dans la stupeur et l’anxiété. Il faut seulement espérer que les uns et les autres réalisent qu’ils n’ont aucun intérêt à brûler leur pays. Que ceux qui festoyaient et qui sont en deuil à présent et ceux qui croient avoir réussi leur coup et en jubilent, comprennent que tout cela n’est que gloriole et bêtise devant l’avenir du burundi et des Burundais.
Maria de BABIA pour GCI
2015 – GuineeConakry.Info




















