
Ce qui est arrivé à Willy Nyamitwe, le chef de la communication du président Pierre NKurunziza, est tout simplement grave mais, presque ‘malheureusement‘’ logique. Ce porte-parole du pouvoir, sait depuis longtemps en effet, qu’il est une cible privilégiée pour tous ceux qui en veulent à son ‘’maitre à penser’’. Pour toutes ses actions et déclarations politiques et sociales. Comme il est difficile de l’atteindre, les adversaires de l’homme fort de Bujumbura, ont décidé de frapper un de ses plus fidèles disciples, en montant un guet-apens qui n’avait d’autre but que de l’assassiner …
Willy Nyamitwe qui rejoignait à vive allure comme d’habitude sa résidence de Kajaga, à une dizaine de kilomètres de Bujumbura, la capitale burundaise, était bien loin d’imaginer cependant qu’on l’attendait vraiment cette nuit-là au carrefour, comme on dit en Guinée, pour lui régler ses comptes ! Il faisait déjà nuit et terriblement sombre.
Willy, « la voix de maître »
Soudain, des tirs nourris, une grenade qui explose, un body guard qui tombe, un chauffeur qui crie de douleur, blessé par une balle traitresse et tout s’emballe ! Les militaires de service ripostent vaillamment, mais c’est presque trop tard. Les agresseurs s’enfuient laissant derrière eux un Willy Nyamitwe, le bras ensanglanté, son garde de corps gisant dans le sang et le chauffeur blessé. Il est un peu plus de 21h30mn, dans la zone.
Cet attentat qui aurait pu éliminer définitivement Willy Nyamitwe, « la voix de maître », relance incontestablement la question sécuritaire au Burundi, et, par-dessus tout, la question fondamentale d’une gouvernance totalitaire, qui étouffe les populations et musèle l’opposition, dans un entêtement obsessionnel. Avec un positionnement qui mène au chaos et aux comportements ethniques clivants.
Pouvoir et opposition s’accusent…
L’enquête que la police annonce, permettra-t-elle de mettre la main sur les vrais auteurs ?
Rien n’est moins sûr dans un pays emmitouflé dans ses contradictions sociopolitiques, victime expiatoire, isolée du monde, livrée aux caprices d’un prince obnubilé par un pouvoir qui ne le rassasie point. Pendant ce temps, comme dans un jeu de ping-pong, l’opposition et le pouvoir se renvoient férocement la balle.
Selon la police du pouvoir, le Rwanda pourrait bien avoir abrité les assaillants. Mais, pour l’instant Paul Kagamé oppose un silence souverain à son voisin. Dans le genre : « Circulez, y a rien à voir ! » Alors que le pays était relativement calme, les populations et les opposants, ayant comme de guerre lasse, déposé momentanément les armes, l’attaque de Karaja remet de l’eau au moulin du pouvoir, pour arroser de toute sa puissance tous ceux qui veulent jouer avec le feu…
Maria de BABIA pour GCI
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