
Désormais, les autorités de la transition burkinabé ne confondent plus la mission principale qui est la leur et celle dérisoire et populiste qu’elles voulaient se donner. Elles ont visiblement fini par réaliser que les questions sensibles en rapport avec Thomas Sankara ou Norbert Zongo ne sont pas prioritaires.
Naturellement, pour la réconciliation du pays et la restauration de la sérénité et de la confiance entre les Burkinabé, il sera toujours nécessaire d’explorer ses pages sombres et controversées de l’histoire commune ; mais cette mission n’est certainement pas du ressort du pouvoir qui a remplacé, dans les conditions que l’on sait, le régime de Blaise Compaoré. Pour Michel Kafando et le colonel Isaac Zida, le mandat tient essentiellement en l’organisation des élections législatives et présidentielles, permettant le retour à l’ordre constitutionnel.
On peut se féliciter de savoir que cette exigence populaire est comprise par les deux chefs de l’Exécutif. C’est ainsi que Michel Kafando, en marge d’une rencontre avec des responsables de médias, a annoncé hier que les scrutins parlementaire et présidentiel se tiendraient de manière couplée à la date du 11 octobre prochain. Vu qu’une catégorie de ses compatriotes portait son choix sur le 20 septembre, le président de la Transition a estimé que le mois d’octobre, moins pluvieux, est plus approprié.
Cette justification cache une volonté de Michel Kafando de voir le plus grand nombre d’électeurs prendre part au scrutin. Un souhait d’autant plus compréhensible que les burkinabé vivant à l’extérieur du pays ne pourraient pas jouir de leur droit de vote. En raison du calendrier plutôt restreint et des ressources supplémentaires qu’il faudra injecter, les autorités estiment que c’est un des sacrifices à consentir pour que le pays renoue avec l’ordre constitutionnel.
En outre, les deux élections vont coûter environ 77 millions d’euros dont plus de 25 millions devront être versés par la communauté internationale. Une contribution que cette dernière devrait s’empresser de déposer pour ne pas que ce gap serve de prétexte à un report des scrutins.
Boubacar Sanso BARRY pour GCI
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