
Ainsi les tendances favorisant les candidats Roch Marc Christian Kaboré, du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) et Zéphirin Diabré, de l’Union pour le progrès et le changement (UPC), tous deux anciens collaborateurs de Compaoré, se taillant des parts de lion et de guépard, avec des scores de plus de 55,11 % et, avec 29,04 % sur les premiers dépouillements des 188 communes sur les 368, se sont confirmées à la fin du challenge.
Un second tour n'était plus nécessaire. Un raz de marée pour Roch Kaboré était bien là, avec ses 53,49 % . Mais, rien à craindre. Au Burkina, les hommes politiques ont des dons extraordinaires d’ubiquité. Ils ont en effet la capacité d’être des transfuges qui s’assument, avec une extraordinaire volonté de rupture. C’est par exemple le cas d’Isaac Zida, qui a su se démarquer du Régiment Sécurité Présidentielle (RSP), pour assumer le rôle historique que tout le monde lui reconnait au sommet de l’Etat, malgré toutes les turpitudes qui ont failli faire avorter la transition.
A son image, l’on pourrait logiquement penser que le vainqueur qui a caracolé loin devant les douze autres, aura le sens de l’imitation positive, pour savoir se débarrasser de toutes les gangues et les scories qui pourraient encore lui coller à la peau, pour se mettre au service exclusif des objectifs bien définis de la transition qu’il faut clôturer, et des programmes de développement qu’il faut poursuivre très rapidement.
La Commission électorale nationale indépendante, CENI, a joué et gagné son baroud d’honneur; elle qui a globalement bien managé cette opération, et a pu publier hier nuit, l’ensemble des résultats provisoires, grâce aux moyens techniques modernes déployés et aux installations satellitaires qui ont permis la remontée réussie et rapide des différentes compilations provenant de toutes les communes.
Le Burkina Faso, en tous les cas, en dépit de toutes les difficultés, sort grandi de cette tumultueuse transition, en diffusant en 24 heures, les résultats provisoires que le peuple attendaient. A présent que les résultats sont connus, on verra bien si cette boutade anonyme est vraie ou fausse : "Les Burkinabè ont chasser l'original, pour travailler avec la copie !'' Comme pour dire que Blaise Compaoré n'est pas définitivement parti, ses anciens collaborateurs ayant repris d'une manière ou d'une autre la situation en main. Aux nouveaux élu de démontrer le contraire. Ains soit-il!
Maria de BABIA pour GCI
2015-GuineeConakry.Info




















