
Le RSP, une structure âgée de 20 ans, avec ses 1300 soldats, a joué et perdu face à la loyauté exemplaire des forces armées burkinabé et la détermination de ce peuple mobilisé par une société civile visionnaire et des politiques solidaires.
Messe de requiem
La cérémonie de désarmement du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), organisée ce mardi à Ouagadougou, apparait ainsi comme une messe de requiem pour accompagner les restes mortuaires d’une organisation militaire captive d’une idéologie désuète et suicidaire, conçue comme des thuriféraires dévoués à une cause incertaine, à une personnalité aveuglée par un pouvoir omnipotent et épuisé.
Au cours des dix jours qui ont ébranlé le Faso sous la férule éphémère du général Gilbert Diendéré, le chef des putschistes ‘’despérados’’, les Burkinabé ont montré leur résolution à ne point se la faire conter, avec en proue, le ‘’Balai citoyen’’ dont la hardiesse contre l’arbitraire n’avait d’égale que sa volonté d’en finir avec les ennemis de la démocratie.A ce titre, la symbolique cérémonie d’hier, où étaient exposées sur la Place de la Nation, les redoutables armes lourdes du RSP, avec des lance-grenades et lance-roquettes, des mortiers et autres canons antichars, apparaissait comme la signature glorieuse d’un peuple souverain que des aventuriers voulaient étouffer.
La Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao), qui a vite compris le danger de cette crise, malgré quelques maladresses, était bien là, avec les chefs d’état-major du Sénégal, du Bénin, du Niger, etc…pour solidariser et montrer tout l’intérêt que présente le cas burkinabé.
Valeur pédagogique
L’intervention de Yacouba Isaac Zida, premier ministre burkinabè, un cacique du RSP, reconverti en ‘’frère ennemi’’ du RSP dans les circonstances politico-historiques que l’on sait, qui a déclaré : « Ce coup d’Etat était le couronnement d’un plan savamment préparé par le général Gilbert Diendéré et donc l’objectif n’était autre que de mettre fin à la transition et d’installer un régime de terreur. Les chiffres officiels de 14 morts et de 251 blessés enregistrés en si peu de temps en sont une preuve.» ; avait quelque chose de détonnant et de troublant. Sommes-nous dans un double-jeu de Zida en Judas ? Ou sommes-nous devant le cas d’un homme qui a vraiment pris conscience ?
Dans ce cas, le temps viendra pour la compréhension et le pardon devra incontestablement arriver, pour que le premier ministre d’aujourd’hui, ne soit pas le dernier des citoyens. En cela, la cérémonie d’hier, avait une valeur pédagogique.
Maria de BABIA pour GCI
2015-GuineeConakry.Info




















