BURKINA FASO : Le mardi de tous les possibles

Ce n’est pas à une élection que les Burkinabé sont conviés en ce mardi 28 octobre, mais plutôt, ils sont invités à faire un choix qui déterminera leur devenir commun. De leur attitude vis-à-vis du mot d’ordre de désobéissance civile lancé par les partis politiques de l’opposition, dépendra en grande partie, le futur du ''pays des hommes intègres". Au-delà du Burkina Faso, le succès ou non du mouvement dont le lancement est annoncé pour ce mardi aura des répercussions directes et immédiates en RDC, au Congo Brazzaville, au Burundi, au Rwanda et bien au-delà! D’où la responsabilité historique qui est celle du peuple et de l’élite burkinabè, dans leur ensemble.

La période historique que le Burkina traverse, est certainement celle où le caractère "intègre" de ses habitants est le plus sollicité. En effet, pour faire échec aux ambitions égocentriques du président Blaise Compaoré, ses compatriotes doivent se mettre au-dessus  de toute manipulation. Ils doivent se rappeler que l’enjeu dont il est question dépasse de loin leurs personnes. C’est du destin et de l’image de tout le pays dont il s’agit. La scolarisation des enfants du Burkina Faso, le plein emploi de ses millions de diplômés, l’épanouissement de ses dynamiques femmes,…bref la prospérité et le rayonnement futurs du pays, dépendront du choix qu’ils ont à opérer aujourd’hui et les jours suivants.

Bien entendu, au sein de l’opposition, il n’y a pas encore une alternative rassurante. Mais le désavantage supplémentaire de Blaise Compaoré, c’est qu’on l’a vu à l’œuvre. Il y a de cela 27 longues années que le Burkina Faso vit et fonctionne, selon ses humeurs personnelles. Certes, la stabilité relative du pays n’est pas un moindre des acquis de son long magistère. Mais on ne pourrait oublier tous les Burkinabé qui ont payé de leur vie, ce long règne. Nous avons particulièrement en mémoire le leader panafricaniste, Thomas Sankara ou encore le journaliste Norbert Zongho. 

Pendant le règne de Blaise Compaoré, le quotidien de ses compatriotes n’a pas fondamentalement connu une évolution. Ils sont peut-être intègres, mais comme la plupart des Africains, ils sont majoritairement pauvres. Mais au-delà de tous les reproches qu’on peut valablement faire au successeur de Thomas Sankara, celui qui justifie le plus qu’on fasse barrage à sa volonté de s’éterniser au pouvoir, c’est son intention d’aller contre la volonté populaire et son incapacité à tenir à sa parole. 

Comment peut-il, sans aucun scrupule, piétiner ses propres engagements ?

Le pays ne mérite pas de risquer l’embrasement et le chaos à cause de l'entêtement d'un seul homme. A cause des intérêts exclusifs d’un homme et de ses thuriféraires , un pays n’a pas le droit de se faire reléguer dans les abîmes des nations anti-démocratiques. C’est pourquoi, comme les Sénégalais avec le "vieux" Wade, les Burkinabé se doivent d’agir.

A travers les velléités exprimées par Blaise Compaoré, c’est toute l’Afrique qui est à un tournant historique. Si l’homme du 15 novembre 1987 arrive à ses fins, que pourront les Congolais de Kinshasa et de Brazzaville, les Rwandais et les Burundais contre leurs propres dirigeants?

Tous les dictateurs et autres obscurs présidents qui pullulent sur le continent s’engouffreront naturellement dans la brèche.

Boubacar Sanso BARRY pour GCI

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