
On soupçonnait l’armée burkinabé de vouloir un plus grand rôle dans la gestion de la transition. Désormais la preuve est bien là ! Bien entendu, elle consent à remettre le pouvoir suprême à celui ou celle que les différentes composantes de la société se seront choisies. Mais elle n’entend pas renoncer absolument aux privilèges et aux honneurs. C’est ainsi qu’elle réclame la direction de l’organe législatif de la Transition! (?!)
De même, la grande muette souhaiterait que la composition de l’Assemblée nationale que les forces vives situaient à 90 membres, soit réduite du tiers.
Dans cette nouvelle configuration, le lieutenant-colonel Zida et ses camarades voudraient y avoir 15 places. Professant l’équité, ils proposent le même nombre de postes pour la société civile, les partis politiques jadis opposés à Blaise Compaoré ainsi que pour l’ancienne majorité présidentielle. Ils préconiseraient aussi que la Commission de réconciliation nationale et des réformes soit supprimée de l’attelage institutionnel de la Transition.
Dans les rangs de la société civile et des partis politiques qui ont piloté la révolution, on accuse le coup, cependant, on se garde d’exposer la désapprobation. Parce qu’on craint que l’armée, exploitant malicieusement le bras de fer qui naîtrait, ne se rebiffe après. Ainsi, on met davantage en évidence le fait que l’armée demeure toujours en phase avec sa promesse de restituer le pouvoir à un civil.
Pour bien de leaders politiques et de responsables de la société civile, c’est l’acquis qu’il faut à tout prix préserver. Quitte à cohabiter avec l’armée dans d’autres instances de la Transition. Les risques sont envisagés avec d’autant plus d’appréhension que les présidents Macky Sall et Faure Gnassimgbé qui étaient hier à Ouagadougou, prodiguent des conseils allant dans le sens de l’acceptation des exigences formulées par l’armée.
Mais si l’on n’y prend garde, on pourrait, en concédant trop facilement aux doléances de l’armée, s’exposer aux mêmes risques que ceux qu’on a voulu éviter. Car, une surreprésentation des militaires dans les différents organes de la Transition pourrait inéluctablement conduire à l’étouffement et à la prise en otage de l’ensemble du système. Ce qui pourrait déboucher sur un interminable processus de transition.
Boubacar Sanso BARRY pour GCI
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