
Les Burkinabè, après l’euphorie qui a ponctué la fuite de Blaise Compaoré, sont depuis confrontés aux frasques politico-militaires du Régiment de la sécurité présidentielle, RSP.
RSP, enfants gâtés du pouvoir
Ce corps d’élites, enfants gâtés du pouvoir, qui protégeaient le ‘’Médiateur’’ de la sous-région, tandis que celui-ci pilotait en souverain incontesté, les différentes négociations qu’entrainaient les difficiles transitions au Mali, au Bénin, en Guinée, etc.
Ce qui passe aujourd’hui à Ouagadougou, où des militaires tirent en l’air pour un oui ou un non, pour dire leur colère ; font la ronde des médias pour intimider et menacer : « Si vous ne faites pas attention, la prochaine fois, nous sortirons nos griffes !» ou encore « Nous avons en avons marre du harcèlement ! »… Tout ceci est de nature à complexifier les équations de sortie de transition avec des élections exemplaires.
Des frustrations accumulées
Ces propos sont loin d’être anodins, ils sont plutôt le reflet de frustrations accumulées, des hubris subies et de remontrances inacceptées.
Ils sont à analyser à l’aune de cette autre recommandation d’International Crisis Group qui stipule : « Le RSP bénéficiait, et bénéficie toujours d’un traitement spécial fait de privilèges et de garantie qui rendent difficiles sa réforme ou sa dissolution.» Il faudra au président Kafando, qui a très peu de temps pour cela, du tact et de la poigne, pour ne point se laisser déborder sur ses ailes par des démagogues ou des opportunistes, deux espèces pouvant cliver sa vision démocratique.
Révolution confisquée
Quant à Isaac Zida, il a tout intérêt à faire entendre raison à ses vieux compères, qui ne se reconnaissent presque plus en lui, et qui selon toutes les rumeurs, aimeraient ‘’en finir avec lui’’. Mais comment ? D’où cette atmosphère délétère de complotite qui ruine les acquis de la transition. Aux yeux du peuple, désormais ‘’sa révolution est confisquée par les ‘’en haut’’ de ‘’en haut !’’
Voilà pourquoi, malgré tous les soubresauts et les mouvements d’humeur sporadiques mais significatifs, les Burkinabè, malgré le ‘’Balai citoyen’’, n’arrivent vraiment pas à ‘’débarrasser’’ leur pays de ces soldats de luxe, qui ont les moyens de déstabilisera le Faso, et de compromettre pour longtemps tous les espoirs soulevés par l’insurrection populaire des dignes héritiers de Thomas Sankara.
Maria de BABIA pour GCI
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