BURKINA FASO : La charte signée, la transition civile...

Au Burkina Faso, les tractations ont été laborieuses ! A un moment donné, on avait même frôlé la remise en cause des engagements de l’armée à restituer le pouvoir aux civils. Mais au bout, les résultats sont plutôt concluants. Usant d’une approche mêlant, avec une certaine intelligence, pression et subtiles caresses, le tandem formé par la communauté internationale et les forces vives burkinabè, a réussi à obtenir l’essentiel. L’armée laisse les rênes du pouvoir à une personnalité civile. Cette dernière à son tour, rigoureusement encadrée par la charte de la transition signée hier, devra aider le pays à se doter d’un nouveau président de la République régulièrement élu, au bout d’un an.

En tirant les leçons des expériences guinéenne et malienne, avec respectivement les capitaines Moussa Dadis Camara et Amadou Haya Sanogo, les forces vives burkinabè sont en passe de réussir un tournant particulièrement décisif de l’histoire de leur pays. Tandis que la mainmise avec laquelle le pays était géré par le président Blaise Compaoré laissait craindre une succession mouvementée, les Burkinabè négocient le virage avec tact.  

Au-delà des divergences 

Transcendant leurs divergences et se préoccupant tout d’abord de l’intérêt général du pays, les acteurs de la société civile et les leaders politiques, grâce à l’implication de la communauté internationale, auront réussi à faire plier l’armée. Sans qu’il n’ait été nécessaire d’aller négocier à l’extérieur. Usant tout à la fois de la carotte et du bâton, ils ont obtenu de l’armée qu’elle cède la présidence de la Transition à un civil. Ils l’ont également persuadée de renoncer à la présidence du CNT. De même, au sein de cet organe législatif de la Transition, l’armée, contrairement à ce qu’elle souhaitait, n’aura pas le même nombre de représentants que les partis politiques et la société civile.  

Cependant, au-delà de toutes ces concessions obtenues de l’armée, c’est le fait que cette dernière y ait librement consenti, qui est particulièrement séduisant. C’est dire que les négociateurs ont été ingénieux et l’armée, compréhensive.  

Ecrémage en cours

La charte signée et la constitution réhabilitée, la Transition proprement dite devrait enfin commencer. Au centre de ce processus historique, devrait se retrouver une personnalité civile dont les responsabilités et la mission sont tout aussi historiques. Là aussi, les acteurs burkinabè ont procédé à un écrémage qui augure d’un challenge relevé. Faisant valoir des critères à la fois objectifs et rigoureux, le collège de désignation aurait retenu deux favoris. Il s’agit de Joséphine Ouédraogo et Michel Kafando. Tous deux anciens ministres de la République et ayant un carnet d’adresses founi sur le plan international, ils auraient également en leur faveur la confiance d’une frange importante de leurs compatriotes. Le journaliste Newton Barry fait également parti des choix possibles.  

Seule fausse note pour la sociologue Joséphine Ouédraogo, elle serait moins connue par la nouvelle génération de Burkinabè, dont le rôle a été déterminant dans la révolution ayant eu raison de Blaise Compaoré. Pourtant,  après 27 ans de règne sans partage de l’ancien président et à la suite d’une révolution plutôt pacifique, une femme à la tête de la transition burkinabè serait tout un symbole!

Boubacar Sanso BARRY pour GCI 

© 2014 GuineeConakry.info     

Recherche

Suivez-nous

GUINEE: Petit KANDIA "Birin Moulan"



  • Le célèbre chroniqueur est au cœur d’un bras de fer avec Mamadou Blaise Sangaré, conseiller spécial du Chef de l'Etat. Votre site avait relayé cette affaire portant sur des propos diffamatoires attribués à Ras Bath. Ce début de semaine mettra aux pr

Annonce