
Le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) et l’Alliance pour la démocratie et fédération/Rassemblement démocratique africain (ADF/RDA) ne méritent aucune compassion. Ces deux partis symbolisent les formations politiques pilotées par des hommes et des femmes rendus aveugles et sourds par la boulimie du pouvoir. Des hommes et des femmes ayant des convictions tranchées et pour lesquels l’implosion du pays représentait, on dirait peu de choses, par rapport à la quête du pouvoir et à la conservation des privilèges. A l’image de Blaise Compaoré, la disparition de ces deux partis de la scène politique burkinabè ne serait pas regrettée par grand-monde. Tout au contraire, le pays se porterait plutôt mieux sans eux.
Pour autant, ce discrédit, quoique évident, ne donne aucunement le droit aux autorités de la Transition de décider de la suspension des activités de ces deux partis. Cela ne relève pas des prérogatives du gouvernement Zida, et n’est pas nécessaire non plus. Seul le peuple burkinabè a le droit d’une telle initiative. Encore que ce dernier même ne peut l’exercer qu’à travers des consultations électorales en bonne et due forme. Malheureusement, le gouvernement du colonel Zida, surfant sur la colère que la population, continue à nourrir contre tout ce qui lui rappelle l’ancien régime, prend les devants. L’idée simple étant de séduire le peuple en tout et pour tout !
Le problème cependant, c’est que la décision s’apparente à de l’arbitraire. Sinon, du point de vue des principes, de quoi le CDP et l’ADF sont-ils coupables de rien ? Ils n’ont fait valoir qu’une opinion et un choix. Aussi détestable et inopportun que soit ce choix, il relevait du droit reconnu à ces deux partis politiques.
Par conséquent, aucune condamnation n’est justifiée à propos. Il s’agit d’un abus de pouvoir et d’un excès de zèle dont le seul motif est de ‘’plaire à la population’’. Sauf que ce précédent est fâcheux. D’où le paradoxe que constitue le silence, que la société civile et les partis politiques anciennement opposés à Blaise Compaoré, observe vis-à-vis de cette dérive en gestation. C’est d’autant plus regrettable de leur part que le même glaive pourrait bien s’abattre sur eux. Un jour ou ou l’autre…
Boubacar Sanso BARRY pour GCI
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