
Indépendamment des résultats des équipes africaines, les jeunes du continent seront scotchés à leurs postes téléviseurs jusqu’au 13 juillet prochain. Leur passion pour le football les place au-delà des races et des frontières.
Ils aimeraient bien entendu que les Eléphants de Côte d’Ivoire ou les Super Eagles du Nigeria notamment, aillent le plus loin possible. Mais une contreperformance de leur part ne gâchera pas la fête du football sur le continent africain. Cette passion du jeu pourrait même négativement rejaillir sur le fonctionnement de l’administration.
Durant toute la compétition, les bureaux se transformeront en salles de commentaires et de décryptages des rencontres suivies la veille. Alors que d’un autre côté, on abandonnera plus tôt le service, pour ne pas rater les matchs prévus aux premières heures. En face, les dirigeants n’y verront pas d’inconvénients. En fait, eux aussi y gagnent quelque chose. Ils peuvent espérer une certaine accalmie sur le front social. Si, bien entendu, la question du courant électrique est résolue d’avance. Et, c’est sachant pertinemment cela qu’ils donnent des instructions fermes aux responsables des entreprises en charge de la fourniture de l’électricité.
Pour ce qui est du jeu proprement dit, les Africains sont dans la compétition dans l’espoir de briser l’espèce de plafond de verre qui les empêche d’aller au-delà des quarts de finale, en 20 éditions et 44 ans de participation. Mais au Brésil, il ne sera point évident d’atteindre cet objectif. Les cinq équipes représentant le continent devront batailler dur. Très dur.
En effet, il sera très étonnant que le Cameroun de Samuel Eto’o s’extirpe de la poule A, pour se hisser au rang des huitièmes de finale. D’un côté, la méforme relative de l’équipe et les conditions chaotiques de sa préparation ne mettent pas les Lions indomptables dans les dispositions qui incitent à l’optimisme face au Brésil et au Mexique.
En revanche, dans les conditions normales, la Côte d’Ivoire peut même prétendre à la première place du groupe C dont les autres composantes sont la Colombie, la Grèce et le Japon. Mais vu le palmarès de leurs deux précédentes participations, on s’attend juste à ce que les Eléphants viennent à bout du signe indien qui leur barre la route du second tour. Mais même si cela arrivait, les poulains de Sabri Lamouchi auront fort à faire avec comme adversaires potentiels, l’Italie, l’Angleterre et possiblement l’Uruguay.
En ce qui concerne les Super Eagles du Nigeria, l’équation du premier tour semble moins compliquée. Logés dans le groupe F, les hommes de Stephen Keshi ont des atouts pour accompagner l’Argentine de Messi aux huitièmes de finale. Une fois à ce niveau, il n’est pas exclu que le duel entre les aigles nigérians et le coq français tourne en faveur des premiers. En tout cas, les champions d’Afrique nigérians concentrent probablement sous leurs pieds les plus grandes chances du continent. Parce que les Ghanéens, eux, n’ont pas été gâtés par le tirage au sort. Aussi déterminés et efficaces que puissent être les Black Stars, elles n’ont que très peu de chance d’aller au-delà des phases de poule. Parce qu’en face, il y a le tandem formé par les ogres allemand et portugais.
Enfin, au sujet de l’Algérie, le pronostic est particulièrement difficile. D’un côté, si l’on prend en compte les adversaires du groupe H, on pourrait prédire le second tour pour les Fennecs. Sauf que l’équipe de Vahid Halilhodzic, quoique première du continent à l’issue du dernier classement FIFA, ne convainc pas par l’efficacité de son jeu. Conserver le ballon et impressionner le public par de spectaculaires passes courtes, les Fennecs savent le faire par moment. Mais marquer des buts et et faire montre d’endurance physique pour les conserver jusqu’au terme d’une rencontre, ce n’est pas forcément leur point fort.
Comme on le voit donc, au-delà des discours passionnés et teintés de nationalisme, les Africains ne partent avec les plus grandes chances dans cette coupe du monde. En désespoir de cause, beaucoup de supporters reposent leur espoir sur le cortège de surprises avec lequel le football se promène. Même si, avec une victoire africaine ou non, la compétition sera synonyme de fête sur le continent.
Boubacar Sanso BARRY pour GuineeConakry.info




















