BOKO HARAM : L’Afrique, victime de sa dépendance

En dépit des engagements sans équivoque du Cameroun, du Tchad et même du Bénin en faveur de la lutte contre la farandole meurtrière de Boko Haram, la secte islamiste continue d’élargir sa zone d’influence dans le nord-est nigérian. Faisant montre d’une incompréhensible témérité, le groupe terroriste, vient ainsi, après des assauts simultanés sur Maiduguri et Mongumo, de s’assurer le contrôle de cette dernière localité. Prise d’autant plus inquiétante qu’à l’image de Baga, en début du mois, Mongumo a une base militaire que les insurgés peuvent bien sûr piller et en utiliser les armes contre les armées africaines engagées.

Jusque-là silencieuse, l’Union Africaine commence à sortir de sa torpeur. NKosazana Dlamini Zuma veut que le sommet de l’UA qui a lieu en fin de semaine, se penche sur la question. Cependant, ce réveil, en plus d’être tardif, pourrait bien se révéler stérile. Parce que le continent est sans doute un peu trop dépendant encore.

Une détermination peu familière

Maintenant que la menace sur la ville stratégique de Maiduguri se précise, on commence comme par enchantement, à prendre véritablement conscience du danger que représente Boko Haram ! Après que quelques 13.000 pauvres innocentes victimes aient injustement péri. Alors que nous nous acheminons vers le premier anniversaire du retentissant enlèvement des 200 lycéennes, l’Union Africaine s’ébroue enfin…

La présidente de la commission de l’instance panafricaine a ainsi mis à profit le Conseil des ministres préparatoire du sommet des chefs d’Etat de l’UA des 30 et 31 janvier prochains, pour afficher une détermination qui ne lui est point familière. Outre la détermination, Madame Zuma s’est également montrée très incisive lors de cette rencontre ministérielle qui s’est tenue hier, dans la capitale éthiopienne. Désormais convaincue que Boko Haram n’est pas qu’un problème nigérian, elle est décidée à convaincre les dirigeants africains de la nécessité de mettre en place une approche synergique. Quitte à heurter la susceptibilité nationaliste du géant sous-régional qu’est le Nigeria.

Dans les conditions normales, une telle ambition, quoique ‘’vespérale’’, mérite d’être soutenue, en vue de sa concrétisation. Mais dans le cas d’espèce, la crainte serait justement qu’on en reste à cette détermination formellement affichée. La colère que les horreurs provoquées par Boko Haram inspirent à NKosazana Dlamini Zuma risque de demeurer sans effet. Car, au-delà de l’engagement théorique, l’UA dépend très étroitement de la communauté internationale.

Une dépendance chronique

Ainsi, même si les dirigeants du continent, de manière unanime, s’accordaient sur le bien-fondé de conjuguer leurs efforts pour éradiquer la secte islamiste, cela ne pourra marcher que si l’Onu donne les ressources. Il faudra que la France, les Etats-Unis, le Japon et d’autres pays mettent la main à la poche, pour que les attentats sanglants et les prises d’otages spectaculaires soient frontalement combattus.

Or, au-delà de toutes les déclarations de bonne intention, c’est certainement parce que ces différents pays ne voient pas le problème Boko Haram comme ‘’une priorité partagée’’, que nous en sommes à la dramatique situation que nous vivons aujourd’hui. A moins qu’ils ne veuillent changer leur perception du problème, les agitations de l’UA et de sa présidente resteront longtemps encore sans effet véritable.

Boubacar Sanso BARRY pour GCI

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