
Selon les rares informations qui ont pu fuiter, le fils de l'ancien président aurait été blessé quand le peloton qu'il conduit a été surpris par un feu nourri des combattants islamistes. Les troupes loyales auraient héroïquement réagi face à l'ennemi. On annonce jusqu'à une vingtaine de morts parmi les assaillants. Mais dans le camp d'Adeboye Obasanjo aussi, il y a quelques blessés dont lui-même. Il aurait été touché à la jambe. Par contre, on ne sait rien de la gravité de la blessure. Il aurait été transporté à l'hôpital de Yola et serait dans un état stable.
Ce nouvel épisode dans la longue série des affrontements entre les troupes nigérianes et les hommes d'Abubakar Shekau confirme bien la détermination des Djihadistes. Tout en poussant leurs velléités de conquêtes territoriales, ils sont prêts à livrer bataille s'il le faut. Conscients des lacunes qui minent les rangs de l'armée nigériane, ils n'hésitent pas à provoquer et à frapper.
Le pire cependant, c'est que la lecture qu'ils se font du rapport des forces en présence est le reflet de la réalité. En effet, il n'est plus un secret pour personne que le Nigéria seul ne peut pas faire face à la menace Boko Haram. Ce n'est d'ailleurs pas par hasard si, le lundi dernier, Goodluck Jonathan était chez son voisin Idriss Déby. Le Camerounais Paul Biya s’est outillé pour aider à vaincre les islamistes nigérians. Le problème avec lui, c'est qu'il se fait trop désirer. Comme reprochant au Nigéria son statut de ''géant aux pieds d'argile'', les Camerounais se contentent de surveiller les limites de leurs frontières. Leur préoccupation première et essentielle est d'empêcher que Boko Haram, comme il semble le vouloir, ne puisse déployer ses tentacules sur leur sol. Le Nigéria comprenant cette attitude va chercher assistance au Tchad.
Depuis que les soldats d'Idriss ont vaillamment démontré leur savoir-faire militaire face aux islamistes maliens, Idriss Deby Itno est presque devenu le recours ultime de tous les pays de la région en danger. C'est fort de cet espoir que Goodluck Jonathan est donc allé le rencontrer, convaincu que le moment est d'autant plus opportun que le Tchad a retiré les soldats qu'il avait envoyés dans le cadre de la crise centrafricaine.
Boubacar Sanso BARRY pour GuineeConakry.info




















