
Avant de mentionner « le talent, l’abnégation et la passion » comme facteurs explicatifs de sa brillante victoire, Alimou Sow souhaite tout d’abord mentionner l’aventure Mondobolog de Radio France internationale et l’incroyable élan de solidarité que ses milliers de lecteurs lui auront témoigné.
Naturellement, il n’a pas tout à fait tort car son pourcentage de 36 %, il le doit exclusivement au vote de ses fans. On peut également comprendre qu’il exprime toute sa gratitude à tous ceux qui auront cru en lui. Mais dans sa posture, il se décline une certaine modestie qui est partie intégrante de sa personnalité. Autrement, il est évident que ce n’est pas par hasard que le site « Ma Guinée Plurielle » s’est retrouvé parmi les dix nominés par un jury international. Il y a incontestablement du talent et des compétences.
De la passion aussi. Car il faut en avoir pour qu’un blogueur guinéen réussisse à se jouer de la récurrente pénurie énergétique et du peu d’accès à la connexion internet du pays, pour se hisser au sommet tel que vient de le faire Alimou Sow. De la passion, il y en a eu également pour que le natif de Pountougourè, un village perdu quelque part sur les hauteurs de la très enclavée Télimelé, s’installe sur un trône destiné aux meilleurs de ceux qui s’expriment dans la langue de Molière. C’est peut-être le plus grand mérite dans ce sacre.
En fait, Alimou est de la tribu aujourd’hui rarissime de ces Guinéens qui se donnent intérieurement pour vocation de porter haut l’étendard de leur pays, de prouver que leur patrie « ce n’est pas que les images misérabilistes qui défilent en longueur de journée sur les médias et d’une jeunesse qui a perdu espoir ».
Justement, dédiant son prix en partie à cette jeunesse guinéenne, il formule modestement le vœu que celui-ci soit un « levain et un stimulant » permettant à d’autres jeunes de divers secteurs de la vie nationale de s’approprier la mission d’ambassadeurs de leur pays en décidant de prendre en main leur destin. Ce souhait, il dit le formuler parce que convaincu qu’en Guinée, « les compétences ne manquent point ».
Selon lui, ce qui manque cruellement à la jeunesse guinéenne en particulier, « ce sont les moyens et de bons modèles ». S’il n’a pas besoin d’insister le premier handicap, par contre pour le second, il précise : « Je dis bien bons modèles parce que très souvent les jeunes rêvent de belles caisses et de belles villas sans nécessairement savoir comment tout cela a été obtenu ». S’il n’est point insensible à l’aspect matériel de la réussite sociale, Alimou pense que « ce sont des choses qui doivent se mériter par le travail honnête ».
Pour ce qui est de la suite des événements liés à son sacre, il se fera remettre son prix au même titre que tous les autres lauréats le 18 juin prochain à Bonn. Ce sera à la faveur du Forum mondial des Médias qui se tient du 17 au 19 juin prochain.
En attendant, GCI se joint à tous les fans d’Alimou Sow pour lui adresser ses très vives félicitations.
Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info




















