
Détendu et souriant, Charles Blé Goudé n’avait rien d’un accusé ordinaire, hier. Impeccablement vêtu, l’ex-leader des jeunes patriotes, contrairement à nombreux de ses partisans, ne semble pas tant redouter les conséquences de la Cour Pénale Internationale (CPI). Affichant toute sa confiance en cette dernière, Blé Goudé a même manifesté une sorte de soulagement de se retrouver face aux juges internationaux. Comme s’il redoutait de se faire juger dans son pays, il croit que la CPI, ne pouvant rien prouver contre sa personne, finira par le relâcher.
Pour lui, la CPI n’est qu’un accident de parcours dont il se sortira avec honneur. Droit dans ses bottes, il a même fièrement revendiqué sa proximité avec Laurent Gbagbo. C’est dire que même avec le chef d’accusation de crime contre l’humanité qui pèse sur sa tête, il est sûr de lui !
Sauf qu’on ne sait pas ce qui dicte une attitude aussi paradoxale. Parce qu’à l’évidence, il n’a pas le sens des réalités. Autrement, il saurait qu’il est désormais l’otage d’un engrenage qui va le broyer infailliblement, morceau après morceau. Qu’il n’est plus maître de son sort. Qu’il se donne une certaine contenance, en feignant de ne pas être affecté ne changera pas les choses. Qu’il joue à l’autruche, non plus. Il arrivera bien un moment où il craquera forcément. Quand il se sera rendu à l’évidence ! Alors, il perdra inéluctablement de son assurance.
Au lieu de le sauver, sa posture d’hier risque bien de l’enfoncer davantage. Car elle s’apparente bien à une absence de remords de sa part. Son manque d’humilité et son assurance pouvant être perçus comme une insulte à l’endroit des 3000 victimes de la crise post-électorale de 2011.
En affichant son caractère belliciste et zélé, il renforce le camp de ceux qui voient en lui un de ceux qui ont induit le pouvoir de Gbagbo en erreur. Un peu comme un idéologue au service des mauvaises causes. Au moment opportun, le bureau du procureur et ses témoins sauront bien exploiter cette sortie fracassante de Charles Blé Goudé contre sa personne.
Et c’est seulement en ce moment, qu’il réalisera peut-être la gravité de sa naïveté. Mais ce sera certainement trop tard. Il est presque certain que son salut ne viendra point de la CPI...
Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info




















