
L’opposition burkinabé et tous ceux qui voudraient voir Blaise Compaoré échouer dans sa tentative de modifier la constitution, ne pouvaient espérer une mobilisation plus réussie.
Certes, le chiffre d’un million de manifestants fourni par les organisateurs parait quelque peu exagéré, mais de l’avis de confrères qui ont couvert la marche d’hier, pareille mobilisation n’est pas fréquente dans les pays de l’Afrique au sud du Sahara. C’est dire que les Burkinabé sont décidés à cracher leurs vérités à ''leur'' président. Tous ceux qui ont battu le pavé ne sont pas nécessairement de l’opposition, cependant, tous sont contre les velléités nourries par Blaise Compaoré.
Avec la marche d’hier, ils ont tracé la ligne rouge que ce dernier n’a aucun intérêt à franchir. Autrement, aux yeux de ses compatriotes, il se sera révélé ennemi de la paix et de la quiétude dans son propre pays. Il pourrait alors se voir traité comme tel, sans compassion, ni indulgence.
Avec la sortie massive d’hier, les Ouagalais enlèvent à Blaise Compaoré et à ses proches la légitimité de tous leurs arguments. Après une manifestation aussi suivie, ils ne peuvent en effet plus faire valoir la réclamation populaire pour justifier l’intention de modifier la constitution. De même, en sortant comme ils l’ont puissamment fait hier, les Burkinabé ont dit ''STOP!'' à leur président.
S’il y a des chantiers qu’il n’a pas achevés, ils lui ont signifié qu’ils préféreraient que quelqu’un d’autre s’en charge. Pour ce qui est de la stabilité que son départ pourrait remettre en cause, ses compatriotes pensent qu’en réalité, c’est son entêtement à s’accrocher au pouvoir qui représente une menace pour le pays. S’il est encore doté d’un sens de discernement, il ne lui reste plus qu’à s’en aller. Pendant qu’il est encore temps. Car, comme l’ont appris à leurs dépens Ben Ali et Hosni Moubarak, même quand on a le soutien de certaines chancelleries, on ne peut l’emporter face à un peuple déterminé et ferme, dans sa résolution. L’humiliation, le déshonneur et la déchéance sont les seules choses qu’on peut récolter d’un bras de fer avec un peuple qui, se réveillant soudain, décide de prendre son destin en main.
Blaise et les siens sont donc avertis. Mais au-delà, avec cette mobilisation, les Ouagalais adressent une mise en garde à tous les dirigeants qui voient dans l’attitude du président burkinabé, un ballon d’essai, dont ils entendent s’inspirer. A leur tour, ils doivent en tirer la bonne leçon. Sinon…
Boubacar Sanso BARRY pour GuineeConakry.info
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