BISBILLES AU SEIN DU PATRONAT GUINEEN : Qu'en pensent les citoyens ?

On aurait pu penser que seuls les grands entrepreneurs et quelques citoyens d'un certain niveau comprennent les enjeux et les conséquences de la bataille qui se joue au sein du patronat guinéen. Mais tel n'est pas la réalité sur le terrain. De la simple ménagère au vendeur ambulant, en passant par les conducteurs de taxi, tout le monde, au contraire, est unanime sur le fait que les contradictions récurrentes entre les grands argentiers du pays ne peuvent que leur nuire, et à travers eux, nuire à tout le pays. C'est du reste le constat fait par notre reporter à l'issue d'un micro-trottoir qu'il a réalisé ce mercredi dans les rues de la capitale guinéenne.

Mariam Bah ne maîtrise pas nécessairement tous les enjeux liés à guerre que se livrent les différents patrons guinéens. Mais cette jeune maman ayant abandonné l'école au niveau du lycée, se souvient néanmoins d'avoir récemment écouté Mansa Moussa Sidibé sur les ondes d'une radio de la place. "En l'écoutant parler, j'ai compris qu'entre lui et Ismaël Keïta, le courant ne passe pas ", confie-t-elle. Avant d'enchainer "je crois qu'eux aussi font comme les politiciens, chaque jour, ce sont des problèmes!"

Mamoudou Sylla qui travaille dans une agence de communication basée dans la commune de Kaloum, lui, comprend un peu plus de quoi tout cela retourne. Mais il n'est pas loin de partager le parallèle que Mariam a fait entre le monde des affaires en Guinée et celui des politiciens. Or, à l'en croire, cette situation d'autant plus regrettable que s'ils n'oublient pas leurs querelles mesquines: "les opérateurs économiques guinéens ne pourront pas mettre à profit la dynamique que semble vouloir enclencher le président de la République avec la nomination et les responsabilités qu'il vient de confier à Kassory Fofana". Car, de son point de vue, quand on parle d'investisseurs, il ne devrait pas y avoir que les entrepreneurs venant d'ailleurs.

Installé derrière sa table achalandée de chaussures en tous genres au marché Niger, Kalidou Barry, s'exprimant dans un français plus qu'approximatif pense que les patrons guinéens sont victimes d'un péché lié à l'ingratitude à témoigne à l'endroit du petit commerçant. Pour lui, il s'agit d'autant d'une ingratitude de leur part qu'ils "ont tous commencé comme nous autres. Mais dès qu'ils arrivent au sommet, ils nous oublient et veulent se réunir entre eux seulement. Ce qu'ils oublient c'est que Dieu n'aime pas l'ingrat ..." 

Sinon, il pense aussi que si tous les opérateurs économiques guinéens qu'il assimile toutefois à des commerçants, réussissent à surmonter leurs divergences, ils peuvent faire de grandes choses pour eux-mêmes etpour le pays. Hélas !

Propos recueillis par Boubacar Sanso BARRY pour GCI

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