

« Il nous incombe désormais de profiter de cette conjoncture favorable pour prendre des décisions délibérées et réaliser cet objectif historique ». Intervenant avant les prochaines réunions de printemps de la Banque mondiale et du FMI, M. Kim a observé que les économies en développement s’étaient rapidement remises de la crise et se trouvent désormais dans une situation fondamentalement solide, grâce à une plus grande stabilité macroéconomique, un État de droit plus ferme et des investissements accrus dans le capital humain et l’infrastructure. La croissance de la productivité est élevée dans le secteur privé, source de 90 % de tous les emplois.
M. Kim a remarqué que l’échéance de 2030 est très ambitieuse: « Pour atteindre l'objectif de 2030, nous devons réduire la pauvreté mondiale de moitié une fois, la réduire de moitié une deuxième fois, et la réduire pratiquement de moitié une troisième fois, le tout en moins d'une génération. »
M. Kim a affirmé que pour relever les défis mondiaux, la lutte contre l’extrême pauvreté ne suffit pas: « Nous devons travailler collectivement pour aider toutes les personnes vulnérables partout à s'élever nettement au-dessus du seuil de la pauvreté. Au Groupe de la Banque mondiale, c'est ce que nous appelons promouvoir une prospérité partagée. »
Bien que l’action du Groupe de la Banque mondiale porte plus particulièrement sur les pays qui ont le moins de ressources, M. Kim a déclaré que cette action ne se limite pas seulement aux pays pauvres, et il a exhorté la Banque et ses partenaires à œuvrer à la réalisation du deuxième objectif consistant à accroître les revenus des 40 % les plus pauvres des habitants de chaque pays.
« Nous intervenons dans tout pays où il y a des pauvres, et où la population fait face à la marginalisation économique. En poursuivant cet objectif, nous veillerons de façon plus systématique aux priorités de l'équité et de l'inclusion dans toutes nos décisions stratégiques, » a déclaré M. Kim.
M. Kim a fait comprendre clairement que l’éradication de la pauvreté et la stimulation de la croissance partagée ne sont pas des objectifs que le Groupe de la Banque mondiale lui-même va atteindre. « Ce sont des objectifs qu’atteindront nos partenaires, c'est-à-dire nos 188 pays membres, avec notre concours et celui de la communauté internationale du développement. »
Mais M. Kim a affirmé énergétiquement que le Groupe de la Banque mondiale sera là pour aider, d'au moins quatre façons.
· « D'abord, ces objectifs nous permettront d'établir un ordre de priorité dans la sélection des projets où notre action peut avoir le plus d'impact.
· Deuxièmement, nous allons suivre de près et observer les progrès accomplis vers ces objectifs, et rendre compte chaque année des résultats obtenus et des écarts à combler. Ces rapports annuels, assortis de données complètes et accessibles au public, présenteront clairement les progrès réalisés.
· Troisièmement, nous utiliserons notre pouvoir de mobilisation et de sensibilisation pour rappeler continuellement aux décideurs et à la communauté internationale les dispositions à prendre pour atteindre ces objectifs.
· Quatrièmement, et c'est sans doute le plus important, nous nous emploierons à échanger avec nos partenaires les connaissances sur les solutions permettant d'éliminer la pauvreté et de promouvoir une prospérité partagée ».
M. Kim a relevé que le vendredi 5 avril marque les 1 000 jours qui restent avant la fin de 2015, le délai fixé pour la réalisation des OMD. Des avancées remarquables ont certes été enregistrées sur ce plan, mais ils demeurent inégaux entre les populations et les secteurs. M. Kim exhorte la communauté internationale à mettre à profit ces 1000 derniers jours pour redoubler d’effort dans les domaines où les progrès n’ont pas été suffisamment solides.
« Si nous agissons aujourd'hui, si nous poursuivons sans relâche ces objectifs consistant à éradiquer l’extrême pauvreté et à stimuler une prospérité partagée, nous aurons la possibilité de créer pour nos enfants un monde qui ne se définit pas par des disparités criantes, mais par des possibilités illimitées. Un monde viable où tous les ménages ont accès à une énergie propre. Un monde où chacun mange à sa faim. Un monde où personne ne meurt d'une maladie évitable.»
« Un monde sans pauvreté ».
Source: Banque Mondiale




















