
Cette exclusion met à nu une zone de turbulences dans laquelle est actuellement embourbée l’UFDG, avec en prime une crise de leadership opposant le fondateur du parti, premier vice-président et le président en exercice du parti Cellou Dalien Diallo. Depuis la rencontre à Paris entre le président Condé et Bah Oury, ce dernier n’est plus en odeur de sainteté avec le directoire du parti, qui le soupçonne d’avoir fait un ‘’deal’’ avec le parti au pouvoir dans le but de déstabiliser l’UFDG.
La volte-face
A peine gracié, Bah oury rentre au pays. Lui qui avait jusque-là critiqué avec véhémence la politique d’Alpha Condé, qu’il a toujours qualifié de « dictateur » et de président avec lequel il ne faut pas négocier, devient ‘’soft’’. Lui, Bah Oury incarnait l’aile dure du parti et n’a jamais exclu dans son langage, l'éventualité d’une insurrection populaire pour chasser Alpha Condé du pouvoir.
Après son retour de Paris, l’homme avait changé, le ton aussi. Il était devenu conciliant, assez conciliant vis à vis du pouvoir qu’il vilipendait à tout bout de champ, à tel point que cela à éveiller des soupçons auprès des cadres du parti. Bah Oury a, à plusieurs occasions pointé du doigt une trahison à son égard. Il a estimé que les responsables du parti ne l’ont pas assez soutenu lors de son exil forcé, après sa condamnation par contumace, dans l’affaire dite de ‘’l’attaque contre le domicile du chef de l’ Etat’’.
Est-ce la raison qui a réellement poussé le numéro deux de l'Ufdg à changer de camp ? Ou il y aurait eu un ‘’deal’’ entre lui et le président Condé, dans le but de déstabiliser l’Ufdg ? On s’interroge encore…
La démarche de Bah Oury est aux yeux de certains observteurs contre-nature et politiquement incorrecte, dans la mesure où c’est un congrès électif qui a mis Cellou Dalein à la tête du parti pour 5 ans. C’est-à-dire que jusqu’en 2020, dans un cadre légal, il ne saurait alors y avoir de bicéphalisme. Secundo, un parti politique fonctionnant suivant des textes, l’ensemble des militants devraient en principe s'y conformer et, troisièmement, le discours de Bah Oury, depuis son retour laissait comprendre que l’ennemi du parti et des Guinéens, comme il savait si bien le dire, ce n’était plus Alpha Condé, mais désormais Cellou Dalien. Le président qui a appelé ‘’à dégager ‘’ de l’Ufdg.
Les militants du parti étaient confus, car la position du premier vice-président leur semblait confuse. Ils se demandaient pour qui roule Bah Oury ? L’opposition ou la mouvance ? Tant son attitude ne paraissait plus refléter à leurs yeux, la normalité.
Une erreur politique
Bah Oury, à force de manquer de patience vient de commettre une erreur d’appréciation politique qui pourrait être fatale pour son avenir. La démarche intelligente qu’il aurait dû adopter aurait été, de vaincre son égo, ignorer les attaques de certains cadres du parti et contrôler son ressentiment vis-à-vis des personnes qu’ils qualifient de ‘’traitres et de déloyales’’. Ensuite penser à ménager sa monture pour 2020, les échecs successifs de Cellou Dalein jouant en sa faveur pour la convention à la présidentielle. L’Ufdg avait besoin d’une réforme à tous les niveaux, cela aurait pu être fait dans un climat lucide et apaisé, qui aurait certainement profité à Bah Oury.
Un risque réel pour le parti
Cette situation risque de mener le principal parti d’opposition guinéenne à l’implosion totale, car le pouvoir pourrait saisir cette occasion pour faire de Bah Oury, un élément déclencheur dans cet éventuel objectif. La zizanie qui pourrait en découler pourrait éventuellement être utilisée par le pouvoir comme alibi, pour empêcher la bonne marche de l’Ufdg, voir sa mise sous contrôle. Au finish, ce serait la résultante de l’attitude désinvolte de Bah Oury dans sa périlleuse démarche de ‘’récupérer son parti’’. Mais, il est tout aussi regrettable de constater que le parti a quelque peu fait dans la précipitation. Voyons, Bah Oury est revenu le 24 janvier 2016…et le 4 février, il est déjà exclu du parti. L’Ufdg aurait pu attendre la rencontre du parti ce vendredi, où Bah Oury promettait de venir, pour l’écouter, s’expliquer avec lui, car il revient quand même de plus de quatre années consécutives d’exil.
Le principal intéressé a réagi à la décision de l’Ufdg, en la qualifiant de ‘’nulle et de non avenue’’ et a promis de se rendre comme annoncé a la réunion du bureau exécutif de ce vendredi 5 février 2016, et à l’assemblée générale du samedi. La suite risque d’être houleuse au sein du parti.
Mamadou Aliou DIALLO pour GCI
2016-GuineeConakry.Info




















