
Dr. Ibrahima Kourouma estime à près de 400, le nombre d’élèves qui se trouvent illégalement inscrits sur la liste des candidats au baccalauréat unique 2011, au compte de la ville de Conakry. Les premiers diagnostics indiquent que toute la chaine de préparation des examens de fin d’année se trouve impliquée. Des chefs d’établissements à certains cadres véreux au sein du département, à travers le Service examens et concours scolaires (SECS), en passant par les Directions communales de l’éducation (DCE).
Les parents d’élèves, non plus, ne seraient pas exempts de tout reproche, vu que ce sont sans doute eux qui, dans le souci de vouloir coûte que coûte éviter le redoublement de leurs enfants, paient les sommes nécessaires à l’inscription frauduleuse des enfants sur la liste des candidats. Le phénomène est d’autant plus grave que certains des élèves qui se voulaient candidats au baccalauréat n’avaient même pas leur BEPC
D’ores et déjà, le ministre estime qu’en termes de sanctions, la première mesure qui a été prise quand cette vaste fraude a été mise à nues, c’est la radiation des fameux élèves sur la liste. Ensuite, à l’encontre des cadres du département, il aurait été décidé de les exclure des préparatifs des examens pendant 10 ans. Des poursuites judiciaires pourraient également avoir lieu.
On a alors l’impression que le ministre Ibrahima Kourouma a pris la mesure du travail qui sera le sien au sein de ce secteur stratégique qu’est l’enseignement pré-universitaire. Le problème auquel il vient de s’attaquer est l’un de ceux qui contribuaient à la dégradation de la qualité de la formation. Une dégradation qui se répercutait sur toute la chaine et qui s’achevait par une masse sans cesse grandissante de diplômés n’ayant pas de niveau et grossissant chaque jour le nombre de chômeurs, facteur d’instabilité et d’implosion sociale.
L’autre problème qui doit requérir l’attention du chef de département, ce sont bien les conditions dans lesquelles se déroulent les cours. Ce qui implique un examen approfondi du niveau des enseignants eux-mêmes ainsi que les conditions dans lesquelles se déroulent les évaluations ordinaires. Car il ne servira pas à grand-chose d’instaurer une certaine rigueur en phase d’examen seulement. La véritable solution doit être globale, intégrale et pérenne. C’est l’approche totale qu’il faut revoir. Bien entendu, c’est un bon début que d’avoir réussi à débusquer ces élèves et ces cadres fraudeurs. Mais il faut veiller sur le processus sur toute l’étendue du territoire et ce, jusqu’aux fameux examens.
C’est également bien que le ministre inscrive dans son agenda le nécessaire examen de l’épineuse question des écoles privées. Dans ces établissements d’enseignement privés, beaucoup de choses seraient à revoir. Il y en aurait parmi eux qui ne respecteraient aucune règle ni administrative, ni académique. La vocation de service public qu’ils proclament ouvertement ne serait au fait qu’un paravent destiné à masquer une arnaque à laquelle ils se livreraient au détriment des parents d’élèves et à celui de la formation des élèves eux-mêmes.
Heureusement que le ministre semble avoir conscience de tout cela. Mais il ne faudrait pas que ce soit de simples vœux. On rappellera que d’autres ont promis pareil, voire plus. La rupture sera alors plus dans la concrétisation.
Salématou Diallo pour GuineeConakry.info




















