
GuineeConakry.info : Comment se prépare le Festival des cordes et Kora ?
Bâ Cissoko : La dixième édition du Festival de cordes et Kora se prépare dans les conditions les meilleures. L’événement se déroulera du 21 au 25 mars 2014 et permettra aux mélomanes guinéens de savourer les mélodieux sons de l’instrument magique que représente la kora. Vous imaginerez tout le plaisir qui est le nôtre en distillant de la bonne musique pour tous les compatriotes, de toutes les générations. Cette fois-ci la fête sera plus belle, avec beaucoup d’innovations à la clé. Une manière pour mon groupe et moi de capitaliser les expériences des dix dernières années.
GuineeConakry.info : Concrètement quelles sont les dispositions prises pour la réussite matérielle de cette dixième édition ?
BC : Vous n’êtes pas sans savoir que pour conférer à un tel événement tout le succès mérié, il faut nécessairement des ressources, financières notamment. Pour cela nous avons pris attache avec des partenaires traditionnels du festival qui, au fil des années, s’impose dans le calendrier annuel des rendez-vous culturels de notre pays. Conscients de l’important du festival, des sponsors se sont manifestés un peu partout. Vous pouvez être dorénavant être surs que tout se passera comme annoncé et que le succès du festival est garanti d’avance. Des artistes de renom en provenance du Kénya, de la Guinée Bissau, du Mali et de la France, seront de la partie pour prêter mains fortes à leurs frères pour des spectacles de qualité. Pour le plus grand bien des mélomanes guinéens qui, je crois, seront puissamment mobilisés à l’espace culturel aménagé au quartier Kipé Dadia par notre frère Justin Morel Junior. Le même qui a accueilli les deux dernières éditions et s’y est investi personnellement.
GuineeConakry.info : il est vrai que Bâ Cissoko fait chaque année ou presque le tour du monde. Au cours de vos spectacles, quel est le message que vous passez au nom de la Guinée ?
BC : Vous avez parfaitement raison, je voyage beaucoup à travers les cinq continents pour offrir des spectacles, évidemment au nom de la culture
guinéenne et des Guinéens en général. Ma prestation dans les pays que je visite
est comparable à l’image que j’offre de la Guinée, surtout dans certains endroits où le pays est peu ou mal connu. Puisque, faut-il le noter en passant, j’ai un amour tyrannique pour ma patrie. C’est pourquoi, je m’arrange à faire en sorte que je présente la quintessence de la beauté de la culture nationale. Pour cela, j’appelle à tout moment les compatriotes vivant loin du pays de resserrer les rangs, à vivre dans la paix et dans l’entente mutuelle. Et que c’est seulement à ce prix qu’ils se rendront utiles à la patrie. Je leur ai toujours dit que leurs comportements pourraient aider le pays à transcender les crises intestines et politiques régulières qui, en réalité, ne reposent sur aucun fondement rationnel. La Guinée a besoin de paix pour sortir de l’ornière. Sans paix rien ne peut être construit.
GuineeConakry.info : Quelle est la composition du groupe musical de Ba Cissoko ?
BC : Mon groupe est composé de huit musiciens. Il m’arrive souvent d’user de la formule de trois ou de cinq musiciens, selon l’importance du spectacle ou des lieux. Je vous rassure tout de suite que c’est un climat de convivialité qui règne au sein du groupe. Je me comprends avec tout le monde. C’est le cas de Sékou Kouyaté ou Sékou Kora qui a fini par fonder son groupe à lui, mais qui, de temps en temps, apporte au mien, quand c’est nécessaire, sa contribution de taille, pour la réussite des spectacles, aussi bien sur le continent africain qu’ailleurs. Sékou Kouyaté est un homme formidable. Je suis avec lui partout. Il sera à mes cotés à Conakry, à l’occasion du prochain festival de Cordes à Conakry. Cela dit, j’ai toujours des solutions de rechange grâce à la disponibilité des musiciens toujours prêts à vendre l’image positive de la Guinée à l’étranger.
GuineeConakry.info : Comment se comportent les albums de Bâ Cissoko sur le marché ?
BC : J’ai 5 albums à mon actif. Pour dire vrai, ces albums ne se qui ne se
comportent pas mal sur le marché mondial. Dommage qu’ils ne sont pas vendus sur
le marché local. C’est pour cette raison que je travaille actuellement pour la
réalisation d’un autre produit adaptable
à la consommation locale.
GuineeConakry.info : Quelle est la différence entre les deux types de produits?
BC : C’est qu’en Guinée les gens aiment les albums à caractère traditionnel et commercial au sein desquels on retrouve des morceaux de dédicace, des chansons d’amour, des flagorneries à travers une programmation de boite vocale… on
aime bien ça en Guinée. Il faut un peu plus pour être vendable en Occident par
exemple. Mais, il faut faire avec.
Propos recueillis par Kerfalla Kourouma pour GuineeConakry.info




















