
Les cadres de son parti ont aussitôt réagi à cette agression qu’ils ont qualifiée de « tentative d’assassinat » et les membres de l’opposition dans son ensemble ont vivement condamné l’acte. Quant au gouvernement, par la voix de son porte-parole, il a également regretté l’incident qui vient de se produire et promis de tout mettre en œuvre pour élucider les causes de l’agression. C’est dans ce contexte extrêmement tendu que l’opposition se rencontre ce lundi, pour discuter de la marche à suivre face à cet état de fait.
Tentative d’intimidation ou réelle volonté de nuire ?
Dans le climat sociopolitique actuel où les opposants s’estiment marginalisés par le pouvoir, qui selon eux, est en train de ‘’poser les jalons de l’usurpation du vote des citoyens lors des prochaines échéances électorales’’. Ne cachant plus leur volonté de faire plier le régime Condé, y compris par la rue, le pouvoir sait donc pertinemment que le jeu de provocation, n’est pas le bienvenu, aussi en panne d’idées soit-il.
Alors en écartant l’hypothèse de l’atteinte à la vie de Monsieur Sylla, l’intimidation quant à elle, pourrait être une stratégie du pouvoir pour marquer l’esprit du porte-parole de l’opposition, dans le but d’entamer sa véhémence et sa virulence dans ses critiques contre le pouvoir actuel.
Une conséquence de l’insécurité ?
La deuxième hypothèse tout aussi plausible que la première serait une attaque armée de bandits à la recherche de butin. Comme cela arrive de façon quasi permanente et, pourrait arriver à tout citoyen guinéen dans un climat d’insécurité ambiant. Il se pourrait que Monsieur Sylla se soit retrouvé en face d’une attaque à mains armées, dans le but de le déposséder de ses biens.
Un alibi ?
L’opposition n’est pas aujourd’hui dans l’optique de l’apaisement et les ténors répètent à tout bout de champ qu’Alpha Condé partira coûte que coûte à l’issue de la présidentielle de cette année. En prenant en compte la déclaration de Paris qui fait tant frémir la mouvance et dans laquelle la première résolution faite est la proclamation de l‘«illégitimité du président Condé », mais aussi la formation d’un gouvernement transitionnel, l’opposition ne serait-elle pas dans l’optique de trouver un prétexte pour appeler à l’insurrection populaire contre le régime Condé ?
Tous les scenarii sont possibles. Mais toujours est-il que cette attaque contre le porte-parole de l’opposition ne contribue pas à apaiser les tensions, tandis que la société civile, à travers sa synergie d’actions a entamé tout au long de la semaine écoulée des concertations, dans le but de rapprocher les positions pour sortir de l’impasse politique.
Cet incident risque de radicaliser encore un peu plus l’opposition qui fait de la tenue des communales avant la présidentielle, son cheval de combat.
Pivi BILIVOGUI pour GCI
2015 – GuineeConakry.Info




















