ASSEMBLEE NATIONALE : Ebola, un vecteur aggravant de la crise

A l’ouverture de la session budgétaire de l’Assemblée nationale, le président Claude Kory Kondiano, à la différence du président de la République, a refusé d’imputer toute la responsabilité de la rupture de la belle dynamique économique à Ebola. Certes, comme le chef de l’Etat, il a conscience des conséquences fâcheuses de cette épidémie sur l’environnement socioéconomique national; à propos, il évoque l’impact sur les recettes publiques qui se chiffrerait à 500 milliards de GNF, mais aussi le fait que la croissance économique sera revue à la baisse. Pour autant, à en croire le président de l’Assemblée nationale, la belle tendance a été tout d’abord interrompue en 2013, avec « les remous sociopolitiques, le ralentissement brutal des activités des sociétés minières, notamment l’arrêt de l’Usine de FRIA et la suspension des investissements de RIO TINTO ». De son point de vue donc, Ebola n’est pas la cause, mais une circonstance aggravante. Quelque peu réaliste, il pense que la situation de crise économique consécutive à l’épidémie à virus Ebola, se poursuivra en 2015.

Haro sur les élites manipulatrices

Comme le président Alpha Condé, lors de sa dernière conférence de presse, le chef du parlement guinéen demeure convaincu que la résistance que les populations continuent d’opposer aux messages de sensibilisation et aux mesures de précaution édictées par les spécialistes, est davantage liée à une pernicieuse entreprise de « désinformation des populations par une main invisible constituée par des élites ». Au-delà, Claude Kory Kondiano n’est pas non plus tendre avec l’ensemble des Etats africains qui, à ses yeux, en près de 40 ans, se seront révélés incapables de bâtir « une synergie pour empêcher qu’elle (Ebola, NDLR) continue sa progression ». Par contre, il se montre plutôt compréhensif face au retard relatif avec lequel les autorités gouvernementales ont décidé de s’attaquer sérieusement à l’épidémie. Il tente même de le  justifier par le manque de moyens et le fait que la maladie était méconnue connue en Guinée.

Les bons et les mauvais députés

Dans son discours introductif, le président de l’Assemblée nationale n’a pas non plus épargné certains de ses collègues députés. Certes, reconnait-il : « Face à cette situation sanitaire dramatique dans laquelle se trouve le pays, l’Assemblée Nationale n’est pas restée indifférente par ce que nombreux sont ceux d’entre nous qui ont activement, voire financièrement, contribué au combat contre Ebola dans toutes les Préfectures ». Mais à côté, il pense qu’un certain nombre de représentants du peuple naviguent à contre-courant du mandat à eux confié. Décrivant ces derniers par leurs déclarations incendiaires et le fait qu’ils se livreraient « à la diffamation, à des injures, à l’incitation à la haine et au soulèvement », il leur rappelle que leurs comportements sont déshonorants pour eux-mêmes et seraient de nature à ternir l’image de leur institution.

Mais, Claude Kory Kondiano rappelle au pouvoir Exécutif que « les fonctions de Président de la République, de Président de l’Assemblée Nationale,  de Représentants du Peuple  et de Ministre de la République sont des fonctions protégées par la loi ». Autant il ne semble pas apprécier les déclarations fracassantes du député Aboubacar Soumah, autant il pense que le procureur de la République aurait dû s’autosaisir suite aux menaces dont ce dernier avait dit faire l’objet, afin d’ouvrir une enquête.

Pour un parlement autonome

Enfin, si dans la quasi-totalité de son discours, le président de l’Assemblée nationale a donné l’impression de jouer les fonctions de porte-parole du gouvernement, par contre, au sujet de l’autonomie de son institution, il a fièrement manifesté son désaccord avec le pouvoir Exécutif. Révélant au passage que le budget de l’Assemblée nationale lui serait alloué aujourd’hui à compte-gouttes, Claude Kory Kondiano a tenu à rappeler que « l’Assemblée Nationale est entièrement autonome et ne doit donc, en rien, être influencée par l’Exécutif tant pour l’établissement de son budget que pour le décaissement du montant de celui-ci, qui doit s’effectuer en une seule tranche. »

Boubacar Sanso BARRY pour GuineeConakry.info

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