ASSASSINAT DE THIERNO ALIOU DIAOUNE : Quatre présumés assassins arrêtés

A la DPJ (Direction Centrale de la Police judiciaire), ce mardi en présence du ministre de la sécurité, Mahmoud Cissé et du directeur de la police Nationale, Mohamed Gharé, les présumés assassins de Thierno Aliou Diaouné, ont été présentés à la presse, avant leur déferrement devant la justice. Parmi eux, un seul est de nationalité guinéenne, les trois autres sont Libérien, Nigérian, et Sierra Léonais. Ils ont été inculpés entre autres pour ‘’homicide volontaire’’, ‘’vol à main armée’’ et ‘’association de malfaiteurs’’.

Pour rappel, le 6 février 2015 à Yattaya Fossidè, des individus armés s’en sont pris à l’ex-ministre de la transition, Thierno Aliou Diaouné, alors que ce dernier était dans sa voiture. Il sera abattu par ces agresseurs, et abandonné au bord de la route, sa voiture emportée par les assaillants.

Les investigations approfondies de la police ont permis ainsi de mettre la main sur les présumés auteurs de cet assassinat qui, oh combien, a choqué l’opinion nationale et même poussé une frange de la société civile à réagir. Cela  avait permis d’attirer l’attention sur la recrudescence de la criminalité en Guinée.

Mais ce qui est saisissant dans ce dossier par-dessus tout, c’est la proportion de personnes étrangères parmi les présumés auteurs de ce crime. Selon le contenu du PV rendu public par la police, figure le nom de Noel Camara alias ‘’Noah’’ qui est de nationalité sierra léonaise, Aroune Gowene Azokwé alias ‘’john’’ de nationalité nigériane, Samuel dingué alias ‘’Sam’’  qui est Libérien et enfin le seul Guinéen de la bande, qui est Abdoulaye Djibril Diallo surnommé ‘’Foulah Boy’’.

A y regarder de près, on a le sentiment d’être en face d’un réseau de bandits, opérant sur une zone couvrant les pays dont ces présumés criminels sont originaires. Cela pourrait être éventuellement favorisé par la porosité des frontières qui permettrait ainsi aux groupe mafieux de venir opérer sur le sol guinéen, avec à la clef des vols de voitures, pour ensuite se replier dans les pays frontaliers qui leur serviraient de bases arrières.

Mais au-delà du fait d’avoir mis la main sur ces présumés criminels, des inquiétudes subsistent : la facilité avec laquelle ils ont pu faire disparaitre le véhicule de la victime, de surcroit immatricule et connu des services de police. De plus les criminels ont pu conduire le véhicule jusqu'à Mamou, sans être inquiétés, selon les aveux de Noel Camara. Toujours  Selon le PV de transfèrement « La Toyota Land Cruiser de l’ex-ministre se trouverait en dehors du pays »,

L’hypothèse d’une complicité avec les gardes-frontières dans ce cas n’est pas à exclure. Sinon, il serait inconcevable qu’un braquage qui ait conduit à la mort de l’ex-ministre et dont la nouvelle de la mort s’est rependue aussi vite qu’une trainée de poudre, que le véhicule ne puisse pas être identifié, jusqu’à ce qu’il puisse franchir nos frontières ! Ou nos gardes-frontières sont d’une incompétence notable, ou ils sont complices.

Mais la principale interrogation reste le fait que des expatriés  puissent s’offrir le luxe de procéder à des manouvres criminelles  sans être inquiétés. Quant à l’arme du crime qui a servi à abattre Diaouné, l’extrait du PV est saisissant « Le nommé Aroun Gowen est le fournisseur de l’arme PMK et il a déclaré que c’est Junior, depuis N’Zérékoré, qui lui aurait remis l’arme après avoir scié le canon » 

Encore Junior ! Décidément cette affaire criminelle lèvent le voile un plus sur une soupçonnée nébuleuse du crime, qui ne dit pas son nom. Junior en détention à la prison centrale et qui est déjà au cœur d’une saga judicaire aux tenants et aux aboutissant obscurs et non élucidés, se trouve encore cité dans ce dossier. Alors que le même  Junior aurait des connexions avec une autre tête d’affiche du crime en bande organisée, en l’occurrence Mohamed Conté alias ‘’Souka’’, qui est en détention à la prison de Kindia !

Jusqu'à preuve du contraire, les armes militaires comme les PMK ne sont accessibles qu’aux corps de l’armée et leur détention par ceux-ci est suivie et réglementée. Comment les réseaux criminels parviennent-ils à se procurer de ces armes qui servent par la suite à assassiner des citoyens guinéens ?

Selon la DPJ, d’autres suspects complices de cet assassinat sont activement recherchés par la police pour des faits d’enquête.

Mamadou  Aliou DIALLO pour GCI

2015-GuineeConakry.Info

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