
Six ans après ce drame, les problèmes pour lesquels les syndicalistes se rendaient à Fria demeurent encore entiers, puisque depuis quatre ans l’usine est fermée avec pour conséquence une asphyxie économique et sociale de la ville de Fria. Une situation à la limite du supportable pour les citoyens de cette ville.
La semaine anniversaire du décès de Dr Fofana nous donne l’opportunité d’évoquer le souvenir de ce syndicaliste hors pair. Sa vie durant, le défunt s’est investi sans compter pour la cause des travailleurs. Il suffit de suivre le fil de son impressionnante carrière syndicale pour s’en rendre compte.
C’est dans les années quatre-vingt qu’il fourbit ses armes à la section syndicale de la SGBG, Société Générale de Banques en Guinée en qualité de secrétaire général. Cette position lui donne l’opportunité d’être le porte-parole du premier comité syndical inter bancaire de négociation pour l’élaboration de la convention collective des professions bancaires et des assurances en Guinée. Une convention qui permit la reconnaissance des diplômes guinéens dans le secteur bancaire en 1993.
A force d’engagement pour la cause des travailleurs, Dr Fofana accède à la fonction de secrétaire général de la Fédération Syndicale Autonome des Banques et Assurances de Guinée, la FESABAG de 1991 à son décès. Sur cette lancée, il intègre le bureau confédéral de la CNTG, Confédération Nationale des Travailleurs de Guinée.
A partir de 1993, Dr Fofana est élu secrétaire général de la nouvelle centrale syndicale, l’USTG, l’Union Syndicale des Travailleurs de Guinée, née le 16 décembre 1993. Cette haute fonction syndicale lui permet d’être coopté dans des organisations régionales africaines et internationales. Au moment de son décès, Dr Fofana était président du conseil d’administration de la Caisse nationale de sécurité sociale.
A la mort de Dr Ibrahima Fofana, certains confrères avaient titré que sa disparition allait créer un vide au sein du mouvement syndical guinéen. Aujourd’hui, avec le recul, l’histoire leur donne raison, puisque le défunt avait une forte personnalité et une disponibilité sans faille en faveur des travailleurs. Raison pour laquelle il a laissé une empreinte indélébile, difficile à effacer.
Il revient aujourd’hui aux syndicalistes qui ont pris la relève, de s’inspirer fortement de son exemple. Le défunt a toujours résisté à la tentation des honneurs et des privilèges pour défendre sans calcul la cause des travailleurs. A maintes reprises, il a refusé des postes ministériels pour maintenir sa position de leader syndical.
Aujourd’hui qu’il n’est plus de ce monde, la question est de savoir que reste-t-il concrètement de son héritage ? Aurait-il consacré sa vie en vain sa vie pour défendre la cause des travailleurs ? Son combat n’aura malheureusement pas fait des émules, puisque le mouvement syndical divisé sur des questions de leadership, n’arrive pas encore à dépasser ses antagonismes pour prendre à bras- le- corps les problèmes des travailleurs.
Le dernier mouvement de grève générale déclenchée au mois de février dernier nous en donne une illustration éloquente. C’est en rangs dispersés que les centrales syndicales œuvrant pour le même objectif ont engagé des actions syndicales pour réclamer sans suite favorable la baisse du prix des carburants à la pompe.
Thierno Saïdou Diakité
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