
Le 14 août 2008, le compositeur du célèbre titre « Rio Pongo » tirait sa révérence au CHU Ignace Deen de Conakry, dans l’indifférence totale de l’État et de ses concitoyens. Fodé Conté s’en allait ainsi, tristement, sans aucune véritable reconnaissance nationale. Ce, après tant d’années de loyaux services culturels rendus à la nation guinéenne, à travers ses œuvres musicales et artistiques qui constituent encore une exploration inouïe du patrimoine musical guinéen.
Le cas de Fodé Conté, qui n’est guère isolé, pose encore une fois le problème de la place qu’occupe la culture chez nous. Un secteur négligé, alors qu’il représente un formidable potentiel susceptible de créer des emplois et de générer d’importantes ressources financières. Faute de vision et d’approche pragmatique, nous assistons impuissants au déclin de notre culture.
Artiste du terroir, danseur, compositeur et chanteur, Fodé Conté sur des thèmes simples tirés de notre quotidien, a animé la vie culturelle du pays jusqu’à son dernier souffle. Avec sa troupe Fatala, des titres comme « Rio Pongo », « Le monde n’est jamais parfait » ou « Makhadi » ont démontré l’étendue de son inspiration, et son sens exceptionnel de la composition musicale. En 1996, Justin MOREL Junior decidait de produire son premier compact disc, dans un arrangement de Doura Barry.
Sept ans après sa disparition, à part son répertoire qu’il a légué à la postérité, Fodé Conté est purement et simplement oublié. Pourtant, le musée national aurait dû avoir en plus d’éléments sonores, des souvenirs de l’artiste qui a contribué à sa façon au rayonnement de la culture nationale. En cette semaine anniversaire, c’est l’amer constat que nous sommes amenés à faire.
Thierno Saidou DIAKITE pour GCI
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