
Le séjour actuel du président Dos Santos en France est illustratif du fait qu’un président peut, par le biais de la puissance économique qu’affiche son pays, racheter la crédibilité et le respect de certains prétendus défenseurs de valeurs universelles. C’est ce que Nicolas Sarkozy avait appelé le caractère décomplexé dans la relation qu’il faut que la France développe dans ses rapports avec certains pays africains.
Autrement, il ne fallait que des passifs sur le plan des droits humains et de la démocratie empêchent le pays des droits de l’homme de commerçants avec des pays qui comptent économiquement sur le continent africain. Décidément, François Hollande souscrit à cet argumentaire, dans le cas de l’Angola. Conscient de la place que l’Angola occupe aujourd’hui sur l’échiquier économique africain et les opportunités que de nombreuses entreprises françaises peuvent en tirer, accepte que les pages sombres soient tournées.
Les armes que des intermédiaires français auraient introduites en Angola et qui auraient été d’un certain poids dans la longue meurtrière guerre, ne comptent que pour du beurre. Quand la crise frappe de tous les côtés, comme la Chine qu’on critique pourtant, on peut devenir moins regardant sur certaines valeurs.
Comme on le disait, Dos Santos n’est pas cependant le dindon de la farce. Il ne s’agit point pour lui de se plier en quatre, pour espérer que la France consente à admettre l’introduction de son pays dans le concert des nations. Sachant que son pays a des atouts qu’il peut faire valoir, il négocie âprement. Bien sûr, les entreprises françaises pourraient continuer à engranger des marchés. Mais en retour, l’Angola devra avoir une plus grande influence dans les débats géopolitiques de la sous-région, et bien au-delà de tout le continent.
La France doit notamment veiller à ce que les barrières linguistiques ne soient pas un obstacle infranchissable. C’est ce genre de prétentions que l’on affiche quand son pays est classé 2ème des puissances pétrolières du continent africain.
Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info




















