ANALYSE: Second tour, l'élection incertaine avant septembre...

Ce qui semblait se dessiner vient d'être annoncé par la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante). L'institution, qui a organisé le 27 juin dernier le 1er tour désélections présidentielles guinéennes, indique que la date du scrutin devant départager les candidats Cellou Dalein Diallo de l'UFDG et Alpha Condé du RPG est reportée sine die...

En effet, aussi paradoxal que cela puisse paraitre, l'écrasante majorité des Guinéens qui en ont été informés dans la soirée du vendredi 9 juillet dernier, l'on appris sur les ondes des radios BBC et RFI. Pas même la RTG n'en a parlé.

Lancinante question des recours

Aujourd'hui donc, nul ne pourrait dire avec précision quelle sera la date du second tour de ces présidentielles. Les résultats provisoires de la première manche, publiés par la CENI le 2 juillet dernier, ont été d'ailleurs contestés par 21 partis politiques sur 24 qui étaient en lice. Les dénonciations de fraude ont retenti de partout dès la fermeture des bureaux de vote. A présent, c'est la Cour Suprême qui gère la patate chaude de ces résultats que la CENI lui a transmis en début de semaine dernière. Il s'en est suivi aussitôt la valse des partis politiques qui se sont succédé au Greffe de cette Cour pour y déposer leurs recours. Dans lesquels recours doivent figurer les preuves de leurs allégations de fraudes pendant et après le scrutin du 27 juin. Après examen de ces pièces, la Cour Suprême devrait en principe proclamer les résultats définitifs de ce premier tour avant la fin de cette semaine.

Peut-on miser sur le 1er?

C'est dire que le date du 18 juillet 2010, qui était préalablement retenue comme du second tour de ces présidentielles, est compromise. D'où l'anticipation par la CENI de son report à une date ultérieure. « Selon l'article 28, alinéa 2 de la nouvelle Constitution, le second tour de l'élection doit se tenir quatorze (14) jours après la proclamation des résultats définitifs par la Cour suprême », à indiqué, à un confrère de la place, le Directeur des Opérations de la CENI.


Tout calcul fait, l'on s'aperçoit que si les fermes de la Constitution sont respectés, le second tour de cette élection devrait avoir lieu le 1er août prochain, correspondant à un dimanche. Ce qui suppose en fait que la Cour Suprême termine son travail de passage au crible des contentieux électoraux et publie les résultats définitifs avant ce dimanche 18 juillet. Au regard de l'ampleur des contestations et des nombreuses irrégularités constatées pendant ce premier tour, la Cour Suprême pourra-t-elle éplucher tous les recours avant la fin de cette semaine? Attendons de voir.
Toujours est-il que ce n'est pas la seule zone d'ombre qui plane sur la date du 1er août que certains projettent sur la base de l'article 28, alinéa 2 de la nouvelle Constitution.
En précisant qu'aucune date officielle n'a été fixée pour le second tour de l'élection présidentielle. Pathé Dieng a fait dans une prudence qui en dit long sur l'état d'esprit qui règne à la CENI, qui, aujourd'hui est accusée d'avoir saboté le scrutin du 27 juin. La plupart des irrégularités qui ont émaillé ce premier tour sont en effet imputées à la Commission Electorale Nationale indépendante qui, à la limite, aurait fait preuve d'amateurisme. L'insuffisance de la préparation logistique de cette élection crève les yeux, ainsi que l'incapacité du président de la CENI Ben Sékou Sylla, à prendre ses responsabilités face aux cas graves qu'il a lui-même constatés lors de la centralisation des résultats.

Logistique et Ramadan


Est-ce que c'est conscient de la nécessité pour la CENI d'avoir beaucoup plus de temps pour corriger les insuffisances, que le Directeur des Opérations de l'institution ne s'aventure pas à donner une date? C'en a tout l'air.
En tout cas, s'il y a une chose sur laquelle s'accordent tous les observateurs, c'est le fait que toutes les conditions devraient être réunies avant d'organiser  la seconde manche de ces élections. Car, une réédition des problèmes précédents pourrait mettre le feu aux poudres. Toute chose qui pourrait entrainer l'effet contraire de l'objectif d'instauration d'une paix et d'une démocratie durables en Guinée visé à travers ces élections.


Et si tous les automatismes électoraux ne sont pas réglés avant le 1er août qui correspond généralement au début des grandes pluies en Guinée, il y aura fort à parier que août, c'est raté. En effet, le mois de ramadan devrait commencer avant le 10 août prochain dans ce pays qui compte près de 90% de musulmans.et cette période ne se prête ni à la campagne électorale ni aux contraintes d'un jour de vote qui expose les électeurs aux intempéries (pluie et soleil). Et quand on sait que ce mois de carême ne prendra fin que vers le 10 septembre, tout porte à croire que l'échéance du second tour vaut bien d'être "reportée sine die". Pour reprendre ainsi l'expression de la CENI. Autant donc prendre son mal en patience.


Talibé Barry in La République
N°021 du 12 juillet 2010

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