
L’Afrique, actrice du débarquement
Le débarquement en Provence symbolise à elle le sacrifice que l’Afrique a consenti dans la victoire des alliés contre les soldats du IIIème Reich. En effet, pour alimenter ce front ouvert deux mois après celui de la Normandie, le rôle de l’Afrique a été plus qu’important. Dans le cadre des préparatifs de ce second débarquement, l’Afrique en général et l’Afrique du nord en particulier ont été une base arrière stratégique. En outre, en plus des 173.000 soldats authentiquement africains qui ont pris part au débarquement, les autres soldats de l’armée B, sous le commandement du général de Lattre de Tassigny étaient essentiellement des Français de l’Afrique du nord. Or, s’il est vrai que le débarquement de Provence est sans commune mesure avec celui de Normandie, il aura aidé à disperser les troupes ennemies et a, sans doute précipité la défaite allemande.
La ‘’revanche’’ de Hollande
Autant de raisons qui font que la France met l’Afrique au cœur de la commémoration de ce vendredi. 40 vétérans venant du continent dont une douzaine arrivant d’Alger sont conviés à prendre part aux cérémonies. Quelques-uns seront même décorés par le chef de l’Etat français. Outre la présence de ces vétérans, l’Afrique sera également représentée par une douzaine de ses dirigeants dont Macky Sall, Alassane Ouattara, Idriss Déby Itno, Mahamadou Issoufou, Ibrahim Boubacar Keïta, Faure Gnassingbé, Paul Biya, Thomas Boni Yayi et Blaise Compaoré. Déjà très critiqué pour s’être rendu la semaine dernière à Washington alors que son pays fait face à une crise sans précédent d’Ebola, Alpha Condé a décidément voulu faire profil bas. Justement, au lendemain du sommet qui a vu Barack Obama se faire entourer par plus d’une quarantaine de dirigeants africains, cette commémoration offre à François Hollande l’occasion de prendre sa petite ‘’revanche’’.
Une ombre au tableau !
Une seule ombre cependant. C’est l’absence des dirigeants du Maghreb qui a payé le plus lourd tribut à ce débarquement. Mais le contexte sociopolitique dans le lequel cet anniversaire est commémoré fait qu’il n’était pas évident que les dirigeants de cette partie du continent soit au rendez-vous de Toulon, ce vendredi. Abdoulazziz Bouteflika est déjà dans un état de santé qui ne favorise par les sorties. En Tunisie, c’est un peu la confusion depuis la chute de Ben Ali. Alors que côté du Maroc, quelques bisbilles diplomatiques avec Paris font que ce n’était pas particulièrement réaliste de s’attendre à la venue du roi Mohamed VI.
Boubacar Sanso BARRY pour GuineeConakry.info




















