
Dimanche 2 octobre, après le dépôt de la gerbe de fleurs à la Place des Martyrs, le président de la République avait rendez-vous avec la jeunesse puissamment mobilisée dans la salle du congrès du Palais du peuple de Conakry. C’était dans le cadre de la célébration différée de la 21ème journée nationale de la jeunesse, organisée par le ministre de la jeunesse et de l’emploi jeune, Sanoussy Bantama Sow. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la jeunesse n’a pas manqué l’occasion de dresser à l’intention du numéro 1 guinéen, un diagnostic froid et objectif de ses conditions de vie.
C’est ainsi que dans son allocution, la porte-parole de la jeunesse, Bilguissa Diallo, a plaidé en faveur de la formation et de la qualification des jeunes. Elle a également souhaité l’instauration de mécanismes facilitant l’obtention de stages de perfectionnement dans les entreprises publiques et privées ainsi que la restructuration du système éducatif guinéen, en vue de son adaptation aux besoins du marché du travail.
Pour elle, ces mesures sont celles qui permettront de soustraire la jeunesse de la précarité, qui la rend vulnérable aux manipulations et à l’instrumentalisation politiques. Avant de souhaiter l’adoption d’un plan stratégique de développement, la mise à disposition du fonds de solidarité pour la jeunesse ainsi que la restitution à la jeunesse des espaces réservés, à elle dédiée à des fins de loisirs et de sport, Bilguissa Diallo avait tout d’abord dénoncé la corruption, la manipulation et autres détournements des deniers publics qui, selon elle, constitueraient des obstacles à l’épanouissement de la jeunesse.
Réagissant à cette allocution dont le ton et le contenu l’auront manifestement touché, le président de la République s’est globalement engagé à aider la jeunesse à trouver de l’emploi. A l’obstacle de l’expérience que la porte-parole avait initialement dénoncée comme un frein à l’emploi de la couche juvénile, le président de la République décide d’opposer une solution tout improvisée : le rajeunissement et la féminisation de l’administration.
Concrètement, cela veut dire que prochainement, le Pr. Alpha Condé confiera les Directions administratives et financières (DAF) des différents départements ministériels à des jeunes et à des femmes. Et pour joindre l’acte à la promesse, il annonce sur place que la porte-parole sera la première à être désignée comme DAF dans un des ministère! Naturellement, le président n’ignore pas que le risque d’inexpérience sera important. Mais il assume le goût du risque. Surtout, selon lui, c’est là un défi lancé à la jeunesse.
Il est également apparu à travers l’allocution du chef de l’Etat que la fonction publique demeure à ses yeux, une solution prêt-porter à la problématique du chômage en général et celui des jeunes en particulier. C’est ainsi qu’il promet de l’emploi, après les vagues de retraite et de recensement biométrique de la fonction publique qui libéreront des postes, qui seront gracieusement cédés aux milliers de chômeurs jeunes. A suivre.
Momo Soumah pour GuineeConakry.info




















