
De la part du ministre Alhassane Condé, les députés de l'opposition disaient attendre davantage une séance d'explication. Ils comptaient saisir l'occasion de la plénière de l'Assemblée nationale pour demander au ministre de l'administration du territoire et de la décentralisation, de justifier les propos qui lui sont attribués au sujet de Cellou Dalein Diallo. Parallèlement à cette attente qui se prolonge eu égard au retard relatif que connait le démarrage de la session des lois, les parlementaires qui en veulent à Alhassane Condé auraient même porté plainte.
Mais dans les faits, le premier face-à-face entre les deux camps ne s'est produit que ce lundi. Particulièrement décidés à en découdre avec le ministre de l'administration du territoire, ils ont saisi l'occasion d'un séminaire des plus ordinaires. La circonstance n'avait donc rien de contraignant pour le ministre, mais les députés ont tenu à poser un geste symbolique de désapprobation. C'est ainsi que dès que le ministre, qui était là dans un cadre strictement officiel, s'est mis en devoir de délivrer son discours, les députés qui pensent qu'il est l'incarnation d'une certaine menace pour la cohésion et la stabilité du pays, ont quitté la salle.
On a noté la démarche de solidarité des députés proches de l'ancien premier ministre, Sidya Touré. Bien que n'étant pas directement concerné par ‘’la passe’’ entre Cellou Dalein et Alhassane Condé, ils ont quand même suivi leurs collègues de groupes des Libéraux démocrates.
Est-ce un geste qui consacre une première victoire sur le ministre ? D'une certaine façon, oui ! Parce qu'il du souhait d'aucun responsabilité politique de susciter un rejet, même quand celui-ci est partiel. Même si pour Alhassane Condé, le choc est quelque peu relativisé par le soutien unanime et massif reçu de la part des députés de la mouvance présidentielle.
Psychologiquement, il s'est appuyé sur les ovations des députés proches du pouvoir qui ont pris le relais, aussitôt leurs collègues de l'opposition dehors. Par ailleurs, Alhassane Condé, lui-même, a une personnalité qui n'est pas du genre à se laisser abattre dès le premier choc. Les controverses et les bras-de-fer, il ne les déteste guère. Il semble même dans la contestation. C'est ainsi qu'au lieu d'exprimer des regrets, il continue sur sa lancée, en confiant même disposer de preuves de certaines des allégations qui lui sont prêtées.
Deux camps qui demeure chacun hyper-déterminé.
Momo Soumah pour GuineeConakry.info




















