
Les partisans du président Abdelaziz Bouteflika s’efforcent de minimiser les conséquences de sa maladie sur sa capacité à diriger le pays pour un nouveau mandat. Mais maintenant qu’il est établi que le chef de l’Etat, ne peut pas lui-même descendre dans l’arène politique, pour battre campagne, ils auront du mal à convaincre grand-monde.
En effet, à l’occasion du lancement officiel de la campagne électorale d’hier, Bouteflika n’a été vu nulle part. Préférant s’adresser à ses compatriotes via une lettre transmise par l’Agence de presse, APS, le président compte sur ses hommes de main pour haranguer les foules. L’équipe de choc en charge de faire réélire le président est tout naturellement dirigée par Abdelmalek Sellal, le directeur de campagne qu’il a reconduit.
Il s’est focalisé sur la partie extrême sud du pays, au compte de la première journée, alors qu’au même moment, Amar Saadani, autre pilier du FLN, Abdelkader Bensalah du RND et président du Sénat, Amara Benyounnès et Amar Ghoul, deux ministres du gouvernement et Abelazziz Belkhadem, conseiller spécial du président sortant, étaient déployés sur différentes portions du territoire, pour s’adresser aux électeurs.
Cette savante planification sonne-t-elle comme une preuve des affirmations de Belkahdem, selon lesquelles, les facultés d’analyse du chef de l’Etat ne sont pas entamées ? Le rapprochement est certes tentant. Mais ce n’est pas l’avis de tous les Algériens. Bien que ne se faisant guère d’illusion, les adversaires du président voudraient axer leur campagne sur la santé fragile de ce dernier.
Par ailleurs, à l’image du « Y’en a marre » sénégalais, le mouvement Barakat (ça suffit !) a vu le jour et commence à prendre de l’ampleur. Pour le moment, ce n’est guère la grande mobilisation autour de ce concept, mais sa création même est la preuve que le président fait dans la politique de l’autruche, quand il justifie sa décision de briguer un nouveau mandat, par le fait qu’il serait réclamé par ses compatriotes.
Si beaucoup d’Algériens ne sortent pas en masse pour contester le nouveau bail que Bouteflika voudrait s’accorder, c’est parce que les challengers de ce dernier ne les font pas davantage rêver. Devant le dilemme qui s’offre ainsi à eux, ils optent pour un fatalisme qui fera probablement du candidat sortant, un président par défaut ! Mais au regard de sa santé plus que chancelante, c’est comme si les Algériens disaient alors « oui » à leur gouvernance par l’entourage du chef de l’Etat.
Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info




















