
Bien qu’à priori ce soit une intéressante nouvelle, cette révélation soulève tout de même quelques interrogations, dont certaines se rapportent au contexte sécuritaire de toute la région maghrébine. Une question qui a été au centre des discussions que le président français, François Hollande, a eues hier avec son homologue égyptien, Abdel Fatah al-Sissi à Paris.
L’information relative à la mort d’un des assassins d’Hervé Gourdel devrait bien être prise avec quelques pincettes. Ce n’est pas que celui qui l’a rendue publique manque de crédibilité, mais le fait que d’importants aspects aient été omis ou délibérément occultés par le ministre algérien de la justice. Au nombre des maillons manquants de la chaine, l’identité de l’assassin ainsi exécuté par l’armée algérienne. De même, le ministre n’a révélé ni la date, ni les circonstances dans lesquelles l’assassin fantôme aurait trouvé la mort.
Au-delà, il est également à se demander si c’est bien le ministre de la justice qui était le mieux indiqué pour rendre compte une telle information. N’est-ce pas une question avant tout sécuritaire ? Par conséquent, le ministre de la sécurité, son homologue de la défense ou encore la hiérarchie de l’armée ne sont-ils pas mieux placés pour traiter d’un tel sujet. La partition du secteur de la justice ne devrait intervenir que quand les présumés assassins, une fois interpellés, seront en phase de jugement.
Ces révélations du ministre de la justice confirment peut-être bien que les services algériens sont les seuls à gérer les enquêtes portant sur l’assassinat du guide touristique français. En d’autres termes, les services français sont-ils directement concernés ou informés ?
Une attitude quelque peu paradoxale quand on sait qu’hier même, François Hollande et Abdel Fatah al-Sissi ont réservé à la question de la sécurité dans cette région une bonne partie de leurs discussions. Or, avec le contexte chaotique qui prévaut en Libye, la stabilité précaire qui règne en Egypte, la résurgence du terrorisme en Algérie et la résistance dont font montre les islamistes dans le nord-Mali sont interdépendants ; ce sont des problèmes qui doivent être adressés de la même façon et selon une approche globale et unitaire. Ce qui implique de la part de la France qu’elle ne se trompe point de stratégie en laissant totalement la bride au cou des autorités algériennes.
Boubacar Sanso BARRY pour GCI
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