
Quelques 150.000 personnes étaient mobilisées. Chacune arborait un T-shirt orange et tenait une pancarte ou un fanion rendant hommage à ADO ! Les architectes de cet accueil avaient visiblement voulu que l’événement soit impressionnant. C’est ainsi que même des écrans géants avaient été installés en maints endroits pour permettre au public compact de suivre le retour du chef de l’Etat, retransmis en direct par la télévision nationale. Il semble même que certains aient été spécialement ‘’ convoyés’’ de villes de province, avec des véhicules affrétés par le Rassemblement des républicains (RDR, parti présidentiel).
Les médias au grand rendez-vous
La raison d’un tel déferlement résidait dans la volonté des proches du chef de l’Etat de démentir de la manière la plus cinglante les rumeurs alarmistes que certains médias proches de l’ancien président, Laurent Gbagbo, ont diffusées au sujet de l’état de santé d’Alassane Ouattara. Quelques-uns d’entre ces médias allant même jusqu’à annoncer la mort du président ivoirien. Manifestement affectés par ces rumeurs, ADO et ses collaborateurs ont voulu saisir l’occasion de ce retour pour administrer la preuve contraire à ces allégations. En termes de mobilisation, c’était réussi. De même, le président ivoirien est apparu en bonne santé.
Mobilisation pour sa candidature à sa propre succession?
Pour autant, cette mobilisation, aussi grandiose qu’elle ait été, ne peut pas effacer tous les doutes. D’abord, on ne peut s’empêcher de s’interroger sur les mobiles d’une telle mobilisation dont on sait qu’elle n’a rien de spontané. Pourquoi Alassane Ouattara a-t-il estimé nécessaire de passer par ce type de matraquage médiatique pour rassurer ses partisans, et au-delà, ses compatriotes ?
Cette démarche de sa part, n’est-elle paradoxalement révélatrice d’une part de vérité à propos de sa santé dégradante ? Ces questions sont d’autant plus légitimes que le chef de l’Eta ivoirien est déjà âgé de 72 ans. Il ne serait d’aucune surprise que son état de santé commence à chanceler. Par ailleurs, même s’il a donné l’impression ne plus avoir nécessairement besoin de la canne qui lui servait d’appui hier, on peut tout de même se demander pourquoi il la garde toujours ? Car on ne le connait pas avec une canne. Qu’il en ait aujourd’hui, ne doit certainement pas relever d’un simple caprice. Prudence oblige. Fragilité exige !
Ces doutes semblent si fondés qu’Alassane Ouattara ne se préoccupe que du président. Lui et ses détracteurs ont conscience que son état de santé ne pourrait influencer que son désir de briguer un second mandat. Pour ce qui est de celui qui est en cours, il est suffisamment entamé. Mais quand les incertitudes sur ses capacités physiques et mentales à diriger le pays intéresseront une masse de plus en plus importante d’Ivoiriens. Ce pourrait être un obstacle à ses ambitions politiques proclamées. Et c’est pourquoi ses proches et lui, ont mis le paquet pour que le retour d’hier soit le plus rassurant et le plus retentissant possible. L’objectif a-t-il seulement été atteint ?
GCI suit pour vous.
Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info




















