
Ebola en RDC, la crise de trop
Le premier indice qui pourrait faire penser à une sorte de guigne que le continent trainerait après lui, ces derniers temps, c’est bien l’annonce d’Ebola en RDC. Franchement, si quelqu’un n’avait pas envie d’éprouver davantage les Africains, c’est certainement la dernière chose dont on a besoin, par les temps qui passent. Alors que l’épidémie qui, en huit mois seulement, a déjà fait près de 1500 morts en Afrique de l’ouest et qu’on ne sait pas encore comment l’arrêter, Ebola n’aurait pas dû revenir chez les Congolais. La science est d’autant plus inappropriée pour l’explication de cette malheureuse coïncidence qu’il n’y aurait aucune connexion entre l’épidémie de l’Afrique de l’ouest et celle qui vient d’éclater en République démocratique du Congo.
RCA, l’autre drame africain
Pas très loin du pays de Joseph Kabila, se joue également un autre drame africain. Il s’agit de la lancinante crise centrafricaine. En dépit des retrouvailles de Brazzaville, la transition a du mal à retrouver les rails. Mécontentes de voir leurs candidats au poste de premier ministre, retoqués, toutes les parties, la communauté internationale en tête, se braquent contre la présidente Catherine Samba Pansa. La pauvre a tapé aux portes de Luanda et de Brazza. Mais personne ne répond. Tout le monde s’étant visiblement donné le mot, le gouvernement qu’elle vient de concocté est mort-né. Bien que la RCA soit formellement indépendante, Catherine Samba Panza sera obligée de faire les choses selon le bon vouloir des chancelleries occidentales. Autrement, elle pourrait connaître le sort de son prédécesseur, Michel Djotodia. Pendant ce temps, les violences vont redoubler.
Boko Haram, un mal tout-puissant
Au Nigeria aussi, le mal Boko Haram ne trouve pas de remède. L’indignation suscitée par l’enlèvement, le 14 avril dernier, de 200 lycéennes à Chibok n’ayant produit aucun effet, les hommes d’Abubakar Shekau poursuivent leur obscure et funeste voie. Après avoir assassiné, blessé, pris en otage, endeuillé et chassé de leurs domiciles des milliers de Nigérians et d’étrangers, Boko Haram s’est emparé de la ville de Gwoza qu’il proclame comme califat. En face, l’armée nigériane, plus humiliée que jamais, s’accroche aux principes d’intangibilité et d’intégrité du territoire national.
Libye, un champ de ruine
Plus au nord, la Libye n’est plus que l’ombre de ce qu’elle était du temps de Mouammar Kadhafi. Dépiécée et ne disposant plus d’un Etat digne de nom, elle est administrée de fait par une multitude de milices. Elle évolue au rythme des violences qui, quotidiennement, y sème désolation et mort. Le vide sécuritaire qui la caractérise est de plus en plus perçu comme une aubaine par les cliques islamistes de toutes origines. Au rythme où vont les choses, l’eldorado qu’elle incarnait aux yeux de beaucoup d’observateurs, est partie pour devenir un véritable champ de ruine.
Lampedusa, résumé des fléaux africains
Ces fléaux s’ajoutant à d’autres encore, ont produit les images tout aussi humiliantes que pathétiques qui nous viennent des berges de Lampedusa. En effet, sur cette île italienne devenue la porte d’entrée principale du vieux continent, ce sont 18 corps de migrants africains qui ont été découverts hier matin. Deux jours plus tôt, quelques 170 fils et filles du continent africain disparaissaient en mer, après le naufrage de leur embarcation. Ce décompte macabre, devenu presque quotidien, symbolise à lui seul les problèmes de l’Afrique. C’est en effet parce qu’on ne leur offre aucune perspective et aucun espoir sur les richissimes terres de leurs ancêtres, que des millions d’Africains prennent, à leurs risques et périls, le chemin de l’aventure.
Foot africain, un hooliganisme en gestation ?
Pour ne rien arranger à ce tableau qui, comme on le voit, est déjà suffisamment sombre, voilà que le football dont la pratique est l’une des rares occasions de joie en Afrique, pourrait, à son tour, devenir porteur de tristesse. La question mérite en tout cas d’être posée après la mort d’Albert Ebossé, football camerounais de la JS Kabylie, des suites d’un projectile qui l’a atteint à l’issue de la défaite que son équipe venait de concéder face l’USM d’Alger. A 24 ans, le pauvre, bien qu’ayant marqué l’unique but de son équipe et après avoir été sacré meilleur buteur de la saison passée, est victime d’une forme de hooliganisme tout particulier à l’Algérie. Justement, pour ce pays, l’acte pourrait coûter cher. Parce qu’on peut parier que les Algériens qui étaient également de la course pour l’organisation des coupes d’Afrique 2019 ou 2021, n’ont désormais aucune chance.
Pour une Afrique qui rayonne !
Cette liste non exhaustive des problèmes de l’heure du continent pourrait bien servir de levain à l’afro-pessimisme. Certes, le fait qu’ils se manifestent tous quasiment au même moment a quelque chose de curieux. Pour autant, ils ne doivent d’aucune manière être envisagés comme une fatalité. Au contraire, les élites, mais aussi les masses africaines doivent voir en eux, les raisons de la poursuite de la bataille pour une Afrique qui rayonne !
Fodé Kalia KAMARA pour GuineeConakry.info




















