
Certes, personne ne s’attendait à ce que Jacob Zuma ne soit pas réélu. Cependant, avec les soupçons de corruption qui pèsent sur l’actuel président, les effarantes statistiques relatives au phénomène de l’insécurité, l’ampleur toujours dévastatrice du Sida, la misère exécrable dans les townships, les grèves répétitives dans les mines, suivies de répressions sanglantes et les inégalités raciales toujours béantes; l’opposition sud-africaine espérait pouvoir ébranler Zuma. Hélas ! Pour les Sud-africains, tous ces fléaux, comparés à l’œuvre de libération nationale initiée et concrétisée par l’ANC, sont peu de choses. Ce n’est pas qu’on aime Jacob Zuma ou sa méthode de gestion. Les huées qu’il avait récoltées le jour des obsèques nationales de Nelson Mandela en sont d’ailleurs l’illustration. Mais dans la mesure où il incarne l’ANC de Nelson Mandela, on n’est pas prêt à le jeter dans les orties !
Au-delà de l’individu et du système, c’est à ce contexte historique singulier que l’opposition sud-africaine est confrontée. Naturellement, le processus de désaffiliation est en marche. Mais les pas sont encore lents. C’est ainsi que la DA (Alliance Démocratique) d’Helen Zille ne récolte qu’environ 23 % des voix, loin en déça de ses espérances, mais elle peut se consoler de garder le statut essentiellement honorable de cheffe de file de l’opposition.
Les leaders du Cope, une formation née de la scission de l’ANC, ne peuvent en dire autant. Alors qu’il avait obtenu plus de 7 % des voix lors des échéances d’il y a 5 ans, il n’obtient pas 1 % à l’issue des élections d’hier. Les experts expliquent cette dégringolade par les querelles intestines qui ont caractérisé le parti ces dernières années.
Par contre, l’audace de Julius Malema, elle, a payé. Se soumettant en effet pour la première fois au verdict de ses compatriotes, son parti franchit la barre symbolique des 5 %. Suffisant pour qu’il puisse porter la voix des siens au sein du parlement.
Cependant, au-delà de ces résultats, les autorités doivent objectivement prêter attention aux problèmes qui se posent à la société sud-africaine. Elles aussi doivent comprendre que ces résultats ne reflètent nullement le capital sympathie les liant à leurs compatriotes. Or, si le malaise social devait se poursuivre, la rupture avec l’ANC pourrait intervenir plus tôt que prévu.
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Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info




















