AFRIQUE DE L’OUEST : Noël pris en otage par Ebola et l’islamisme

Au-delà de la diversité religieuse, le 25 décembre est une occasion de réjouissance relativement planétaire. Dans les pays à dominante musulmane d’Afrique de l’ouest notamment, les non chrétiens, bien que ne se rendant pas à l’Eglise, participent néanmoins à la fête en se rendant dans les boites de nuit, restaurants, ou en restant entre amis à la maison. Mais cette année, en raison du contexte fortement marqué par l’épidémie à virus Ebola et l’insécurité croissante au Mali et au Nigéria, la fête cohabite avec la morosité.

En Guinée, au Liberia et en Sierra Léone, toutes les festivités de fin d’année seront affectées par le repli économique, résultant de l’épidémie à virus Ebola. Investisseurs et touristes ayant pratiquement fui les trois pays, l’argent se fait rare. Le contexte est d’autant plus difficile que dans de nombreux cas, Ebola s’est traduit par des suppressions d’emplois. En raison de l’isolement imposé aux pays victimes de l’épidémie, les échanges commerciaux ont également pris un sérieux coup.

Outre ce contexte général, chaque pays est spécifiquement affecté en cette période de fêtes de fin d’année. Ainsi, en Guinée, le gouverneur de la ville de Conakry, Soriba Sorel Camara, invoquant tout à la fois l’insécurité et l’épidémie d’Ebola, a décidé de la suspension des manifestations de réjouissance sur les espaces publics. En particulier, les feux d’artifice sont formellement interdits dans la capitale guinéenne. Il parait que les malfrats peuvent profiter de l’explosion de ces feux d’artifice pour se livrer à leurs sales opérations. Possible, mais… passons !

Du côté de la Sierra Léone, l’actualité reste focalisée par la condamnation du chef traditionnel d’Amadou Kargbo, pour dissimulation de malades d’Ebola. Continuant à enregistrer de nouveaux cas, le pays n’a certainement pas la tête à la fête. Il se préoccupe plutôt de savoir comment s’en sortir. Au Libéria voisin, la période critique est certes dépassée, mais les stigmates de l’épidémie sont encore là. Dans chacun de ces trois pays, on profite de Noël pour formuler des prières pour éloigner l’épidémie et la faire disparaître même.

Au Mali, Sénégal et au Nigéria, la fête sera moins affectée par l’épidémie. Dans ces trois pays, l’épidémie a été vaincue avec une certaine promptitude. Par contre, pour ce qui est du Mali et du Nigéria, le problème viendra de la dégradation du climat sécuritaire dans le nord de ces deux pays. Le nord du Mali étant toujours au cœur d’inextricables contradictions entre islamistes, touarègues et gouvernement malien, les populations n’auront que peu de place pour les fêtes. Surtout que les islamistes qui sont très souvent à la base des attentats voient dans les célébrations chrétiennes des occasions rêvées de sévir. Au Nigeria, les autorités prenant les devants, restreignent les mouvements dans les fiefs septentrionaux de Boko Haram.

Pivi BILIVOGUI pour GuineeConakry.info

 

© 2014 GuineeConakry.info

Recherche

Suivez-nous

GUINEE: Petit KANDIA "Birin Moulan"



  • Le célèbre chroniqueur est au cœur d’un bras de fer avec Mamadou Blaise Sangaré, conseiller spécial du Chef de l'Etat. Votre site avait relayé cette affaire portant sur des propos diffamatoires attribués à Ras Bath. Ce début de semaine mettra aux pr

Annonce