AFFAIRE ZOGOTA: Deux partis politiques condamnent le gouvernement

Les affrontements entre les populations et les forces de l’ordre à Zogota, dans la préfecture de N’Zérékoré, ayant entrainé la mort de 5 manifestants et de nombreux blessés civils et militaires, continuent à animer la chronique dans la région forestière et dans la capitale Conakry. Selon que l’on soit ressortissant de la localité ou non, acteur politique ou activiste de la société civile, simple chômeur ou diplômé sans emploi; chacun y va de son commentaire. Amenant ainsi le gouvernement qui feignait de n’être pas au courant des pertes en vies humaines, à l’issue des chocs de Zogota, à sortir de sa réserve "pour condamner vigoureusement l’attitude indélicate des hommes en uniforme à l’origine de ces tueries", avant de s’engager à tirer l’affaire au clair. Et maintenant, ce sont les acteurs politiques qui viennent de se mêler au débat... 22:23 7-8-2012

En première ligne le Congrès Africain pour la Démocratie et le Renouveau, CADRE,  de Daniel Kolié et l’Union pour la Démocratie et le Développement, UGDD, de Keamou Bogola Haba, qui ont fait, chacun en ce qui le concerne, ce mardi 7 août 2012, une déclaration appelant le gouvernement à faire face à ses responsabilités!.

Certains partis politiques se montrent réellement préoccupés par les événements de Zogota. Ils exigent que la réaction du gouvernement et en  particulier, du chef de l’Etat soit à la dimension de crise.

C’est ainsi que l’UGDD réclame avec insistance la démission, sinon le limogeage par le Président Alpha Condé du ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation qui, selon ladite formation politique, se trouvait dans la ville de N’Zérékoré, quand les autorités du gouvernorat et de la préfecture ont pris l‘initiative de mettre aux arrêts les instigateurs du mouvement de Zogota.

«Vu les déclarations publiques du ministre et ses collaborateurs de négation de ses massacres et des revendications communautaires des élus locaux de Zogota…l’UGDD demande la démission ou le limogeage sans condition du  M Alhassane Condé, du gouverneur de la région administrative de N’Zérékoré, Lanceï Condé, du Préfet de la même ville, Hassane Sanassy Camara et du sous préfet de Kobéla, M Mamady Traoré pour haute trahison de leur mission ».  

Comme on peut donc le lire dans sa déclaration, l’UGDD rend le ministre responsable des émeutes de Zogota, que les cadres de l’administration déconcentrée  de la région, la préfecture et de la sous-préfecture qui ne méritent plus, selon cette formation politique, de répondre au nom de l’Etat à quelque niveau que ce soit. L’UGDD exige enfin que toute la lumière soit faire sur ce rocambolesque dossier.

Abondant dans le même sens,  le parti CADRE exige également, avant même que toute la lumière soit faire dans ce dossier, le limogeage du ministre Alhassane Condé,
ainsi que tous les cadres de l’administration déconcentrée et des forces de sécurité de la région, «si le président avait une compassion pour les victimes de ce désastre national, la première réaction devait être le limogeage du préfet, du gouverneur et des responsables de la gendarmerie, de la sûreté et du camp Béhanzin de Nzérékoré » lit-on dans le communiqué.   

CADRE a surtout mal compris que le réveil du pouvoir de Conakry face à ce qu’il considère comme un drame d’envergure nationale, «nous considérons ce communiqué tardif du gouvernement comme une preuve de manque de compassion et de considération à l’égard des victimes du massacre de Zogota ».    

Avant ces deux formations politiques, dès le 5 aout 2012, tout en appelant les uns et les autres au calme et à la retenue, le parti Génération pour le Réconciliation, l’Unité et le Progrès, GRUP,  de Papa Koly Kourouma, a déclaré, « la mauvaise gouvernance entre  populations investisseurs est à la base de ces événements, par conséquent GRUP fustige et déplore qui ont conduit aux morts d’hommes ».

Kerfalla Kourouma pour GuineeConakry.info

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