
Par ailleurs, il n’a pas hésité à faire comme les plus ordinaires des contrebandiers, en empruntant les voies les plus détournées, y compris le recours à une pirogue, comme les plus vulgaires passagers. On imagine déjà que son accoutrement devait être loin de son costard trois pièces et cravate des grands rendez-vous à Cotonou! Pour la circonstance, il a fidèlement épousé l’expression “c’est le terrain qui commande”.
Bien qu’il ne disposerait pas encore du visa lui permettant de vivre normalement sur le sol américain, on imagine cependant que ses plus grands soucis, il les a laissés derrière lui. L’attitude des services de l’immigration américaine ne doit être dictée que par des procédures et des principes formels. Autrement, les autorités du pays de l’Oncle Sam n’ont pas pu ignorer le trajet d’Angela Houssou.
On peut du coup conclure que c’est parce que les Etats-Unis ont cru aux menaces sur le juge, qu’on l’a tacitement laissé entrer. A défaut de l’avoir explicitement aidé. Et si les autorités américaines ont agi de la sorte, c’est qu’elles aussi ne croiraient pas trop à la théorie du coup d’Etat que fait valoir Cotonou.
Dans les faits, Boni Yayi est de plus en plus seul dans cette bataille-là. D’autant plus que du côté de Paris aussi, les chances sont plutôt maigres pour que la justice consente à extrader Patrice Talon. Pire, la fuite du juge Houssou risque plutôt de renforcer la thèse d’un complot imaginaire, ourdi par le président et son entourage, en vue de se débarrasser d’un richissime homme d’affaire qui a commis l’imprudence de vouloir fermer son robinet à un président qui caresse subtilement le rêve d’aller au-delà de la limite a lui prescrite par la constitution. Sauf que cette ambition, il devrait la remettre dans les placards. Parce que, comme on le voit, les réactions à ses ballons d’essai indiquent que la tâche ne lui sera point aisée.
Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info




















