AFFAIRE PATRICE TALON: Une fuite embarrassante pour Boni Yayi

La présumée tentative d’empoisonnement du président béninois, Boni Yayi, refait parler d’elle. Alors que la question de l’extradition du principal accusé qu’est l’homme d’affaire, Patrice Talon, est soumis à l’appréciation du juge dès ce mercredi, on a appris hier même que le juge Angelo Houssou, fuyant une persécution de la part des autorités béninoises, vient d’arriver aux Etats-Unis, où il a aussitôt demandé l’asile politique. Pour le chef de l’Etat béninois, cette fuite-là n’est pas de nature à redonner de la crédibilité à un dossier, dans lequel plus d’un observateur, le soupçonne d’avoir voulu punir un puissant soutien financier qui essaie de lui tourner le dos. Pire, si les rumeurs de pressions sur le juge devaient se confirmer, elles écorneraient l’image d’un président qui ferait tout pour torpiller la séduisante et prometteuse expérience démocratique béninoise. Le juge Angelo Houssou est certainement l’incarnation de ces hauts cadres qui font montre d’une extrême capacité d’adaptation aux circonstances et aux exigences du moment. En effet, aussi renommé juge qu’il est, la menace qui pesait manifestement sur sa personne l’aura conduit à réaliser le marathon qui a consisté à parcourir trois pays en trois jours. C’est le vendredi dernier qu’il aurait quitté Cotonou, pour rallier Lomé, puis Accra d’où il se serait embarqué pour se retrouver dans la nuit à lundi, sur le sol américain... 0:10 3-12-2013

Par ailleurs, il n’a pas hésité à faire comme les plus ordinaires des contrebandiers, en empruntant les voies les plus détournées, y compris le recours à une pirogue, comme les plus vulgaires passagers. On imagine déjà que son accoutrement devait être loin de son costard trois pièces et cravate des grands rendez-vous à Cotonou! Pour la circonstance, il a fidèlement épousé l’expression “c’est le terrain qui commande”.

Bien qu’il ne disposerait pas encore du visa lui permettant de vivre normalement sur le sol américain, on imagine cependant que ses plus grands soucis, il les a laissés derrière lui. L’attitude des services de l’immigration américaine ne doit être dictée que par des procédures et des principes formels. Autrement, les autorités du pays de l’Oncle Sam n’ont pas pu ignorer le trajet d’Angela Houssou.

On peut du coup conclure que c’est parce que les Etats-Unis ont cru aux menaces sur le juge, qu’on l’a tacitement laissé entrer. A défaut de l’avoir explicitement aidé. Et si les autorités américaines ont agi de la sorte, c’est qu’elles aussi ne croiraient pas trop à la théorie du coup d’Etat que fait valoir Cotonou.

Dans les faits, Boni Yayi est de plus en plus seul dans cette bataille-là. D’autant plus que du côté de Paris aussi, les chances sont plutôt maigres pour que la justice consente à extrader Patrice Talon. Pire, la fuite du juge Houssou risque plutôt de renforcer la thèse d’un complot imaginaire, ourdi par le président et son entourage, en vue de se débarrasser d’un richissime homme d’affaire qui a commis l’imprudence de vouloir fermer son robinet à un président qui caresse subtilement le rêve d’aller au-delà de la limite a lui prescrite par la constitution. Sauf que cette ambition, il devrait la remettre dans les placards. Parce que, comme on le voit, les réactions à ses ballons d’essai indiquent que la tâche ne lui sera point aisée.

Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info

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