AFFAIRE DES 25 MILLIONS DE DOLLARS: Le volet américain du scandale

On ne le dira jamais assez. Les efforts du gouvernement en vue de circonscrire les répercussions malencontreuses de l’accord secret entre l’Etat guinéen et la société sud-africaine, Palladino Capital, ne sont pas encore payants. Malgré les explications des ministres guinéens des mines et des finances auprès du CNT, certains partenaires guinéens continuent toujours à s’interroger. C’est ainsi qu’après l’ouverture d’une enquête annoncée par la Banque mondiale et la requête formulée dans le même sens par le milliardaire Georges Soros au niveau du parlement anglais, c’est le congrès américain qui pourrait être amené à jeter un coup d’œil dans ce contrat, en vue de déterminer une éventuelle implication de citoyens américains dans sa conclusion. Campagne électorale américaine oblige, un groupe de parlementaires républicains soupçonnent un lien entre la décision de Barack Obama de faire revenir la Guinée au nombre des pays bénéficiant de l’AGOA et l’établissement du contrat entre la société sud-africaine et le régime de Conakry... 20:53 4-7-2012

A la lecture de l’article évoquant l’éventuelle saisie du congrès américain, publié ce mardi 3 juillet sur le site www.humanevents.com, on se rend compte que pour les parlementaires américains, il n’y a aucun doute, quant au caractère frauduleux et illégal du contrat.

Pour eux, le gouvernement guinéen en général, et le président Alpha Condé en particulier, se sont rendus coupables de corruption. Ils en sont d’autant plus convaincus que selon les propos que l’ancien ministre guinéen des mines, Mahamoud Thiam, aurait tenus au journal sud-africain "Mail & Guardian", les 25 millions de dollars représenteraient la contrepartie d’une assistance financière qu’Alpha Condé aurait reçue lors de la campagne électorale de 2010.

Naturellement, la contrepartie consiterait dans les clauses qui donnaient à Palladino Capital la possibilité de prendre part aux actifs de la SOGUIPAMI, jusqu’à hauteur de 30 %. Par ailleurs, le site américain, estimant que le ministre guinéen des mines, Mohamed Lamine Fofana « a un problème avec la vérité » réaffirme de manière catégorique que les clauses incriminées figuraient bel et bien dans le contrat entre Palladino Capital et la Guinée.

Les auteurs de l’article sont si catégoriques sur la question que du contrat dont ils disent détenir une copie, ils citent la page 9 et le paragraphe 11.1 où il serait stipulé que « le prêteur peut prendre 30 pour cent des part de la société… », en cas de défaut de paiement par la Guinée et ce, après « une mise en demeure » et « dans les soixante (60) jours ouvrables suivant la requête du prêteur ».  

Ce qui préoccupe les parlementaires républicains, c’est de savoir si des groupes d’intérêts américains avaient été mêlés et si, éventuellement, ils auraient directement ou indirectement influencé la décision que le président Barack Obama avait prise au mois d’octobre dernier, en faveur du rétablissement des accords commerciaux préférentiels de l’AGOA (African Growth and Opportunity Act) entre la Guinée et les Etats-Unis.

En fait, les soupçons des parlementaires républicains sont alimentés par deux faits. D’abord, le contrat d’avril 2011 entre l’Etat guinéen et Palladino menacerait des intérêts de sociétés minières de droits américains évoluant en Guinée, à travers leur participation aux actifs de la SOGUIPAMI. On se demande alors si quelque part, derrière le deal secret, ne se nicheraient pas des concurrents potentiels qui ambitionnaient d’évincer les entreprises américaines.

Ce risque est d’autan plus présent que Walter Henning, le propriétaire de Palladino Capital, serait associé par ailleurs à des responsables de fonds d’investissements américains du nom d’Och-Ziff. Leur partenariat aurait notamment abouti à la mise sur pied de l’African Global Capital et en 2008, ils auraient formé une joint-venture présentée comme « une plate-forme pour investir dans les marchés privés et publics à travers l'Afrique, avec une préférence dans les ressources naturelles et les entreprises connexes ». Comme on le voit, il n’est pas exclu que des intérêts strictement économiques soient en jeu.

Mais le lien avec le président américain, c’est qu’Och-Ziff fait recours à des lobbyistes de Washington dont "Isakowitz" et "Blalock", pour promouvoir ses intérêts auprès de l’administration américaine. La question est alors celle de savoir si ces derniers n’auraient pas réussi à influencer la décision du président américain sur le rétablissement de l’AGOA avec la Guinée pour leurs intérêts?

Parce que, les parlementaires trouvent que la Guinée n’a pas encore réuni toutes les conditions qui devaient justifier qu’elle ait accès à cet accord commercial préférentiel. Ils estiment certes que les élections de 2010 avaient été globalement libres et équitables. Cependant, ils reprochent néanmoins à la Guinée des abus commis par les forces de sécurité et évoqués par Human Right Watch, une concentration du pouvoir par l’Exécutif, le niveau jugé faible de l’Etat de droit ainsi que les tensions ethniques.

Autant d’obstacles qui auraient logiquement justifié que la Guinée ne bénéficie pas, selon eux, de l’initiative de l’AGOA. En fait, les parlementaires américains trouvent un peu suspects, les liens entre la conclusion du contrat en avril 2011, l’adoption du nouveau code minier en septembre 2011 et la décision de Barack Obama qui devaient intervenir un mois seulement après.

D’où la demande qu’ils ont formulée en direction du congrès en vue de l’examen des tenants et aboutissants du contrat secret entre Palladino Capital et la Guinée. 

Maïmouna Fofana pour GuineeConakry.info 

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