
Au nombre de huit dont deux en fuite, les accusés ont commencé à livrer leurs versions. Mais pour le moment, la tendance est à la réfutation des charges qui leur sont reprochées. Tandis que les avocats de la défense réclament la comparution du ministre Kerfalla Yansané en personne.
Au compte de la première audience qui s’est tenue hier lundi 14 janvier, les trois prévenus qui ont répondu aux questions de la présidente Kadiatou Traoré, ont tour à tour rejeté les faits à eux reprochés.
Tous estiment avoir agi en bonne foi et en totale méconnaissance des dessous qui se tramaient. C’est ainsi que le planton Elhadj Amadou Djouldé Diallo indique son rôle dans cette affaire s’est strictement limité à la transmission à la paierie centrale d’un dossier qu’Ibrahima Sory Condé (un des accusés qui a pris la fuite, NDLR) lui avait remis en vue de sa signature par Mohamed Fofana. Ce que ce dernier fera avant d’enregistrer ledit dossier dans le registre et remettre des ordres de virement au vieux planton pour que ce dernier les dépose au Trésor. Mais cette dernière commission, Elhadj Amadou Djouldé Diallo ne l’aurait pas conduite à son terme parce qu’entre temps, Ibrahima Sory Condé le contraint à lui remettre les ordres de virement.
A la suite d’Elhadj Amadou Djouldé Diallo, c’est un autre planton du nom de Seydouba Diakité, en service à la direction nationale des investissements publics qui est passé à la barre. A l’en croire, sa participation est encore plus menue. Elle en serait strictement restée à un message qu’il a transmis à Elhadj Amadou Djouldé Diallo de la part d’Ibrahima Sory Condé. Enfin, Mohamed Fofana de la paierie centrale, le dernier à comparaître au compte de cette première audience, lui aussi n’a relaté que le fait d’avoir signé le dossier a lui remis par Elhadj Amadou Djouldé Diallo, de l’avoir enregistré et qu’en retour, il aurait remis les ordres de virement au planton.
Se fondant sur les déclarations de leurs clients, les avocats de la défense estimant que seuls les seconds couteaux ont été mis aux arrêts dans cette rocambolesque affaire, demandent alors la comparution du ministre de l’économie et des finances. D’autant plus Mohamed Fofana notamment a clairement déclaré que les signatures au bas du dossier qu’il avait reçu des mains du plan étaient bel et bien celles de Kerfalla Yansané.
Comme à l’époque où le scandale a éclaté, les avocats de la défense pensent que de très gros bonnets étaient impliqués, mais que l’affaire devenant chaude, on a préféré se défausser sur de pauvres lampistes alors que les véritables auteurs seraient, toujours intouchables, aujourd’hui encore tapis dans les couloirs de l’administration guinéenne.
Momo Soumah pour GuineeConakry.info




















